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Réseaux humides

Connaître les solutions de moindre impact sur le milieu naturel dans un projet de travaux – travaux en lien direct avec le milieu aquatique

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A RETENIR
  • Les impacts des chantiers sur les milieux aquatiques sont multiples. De nombreuses solutions de génie civil et de génie écologique aident à limiter les impacts des chantiers sur les composantes physiques, chimiques et biologiques des écosystèmes aquatiques. 
  • Pour protéger les zones à enjeux, l’approche multi-barrières permet de contrôler à la source les risques d’érosion des sols, de réduire les volumes d’eau et de sédiments à traiter, et de respecter les obligations réglementaires de non-dégradation des milieux aquatiques.

Solutions de moindre impact : les bonnes pratiques chantier

Dans le cadre de la doctrine ERC (Éviter, Réduire, Compenser), les solutions de moindre impact correspondent à l’ensemble des mesures de réduction (bonnes pratiques, techniques et dispositifs) qui favorisent l’exécution des IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités) en diminuant l’empreinte écologique du chantier.

Choisir les dispositifs adaptés

Conformément au principe de proportionnalité, le choix des dispositifs doit être adapté au cas par cas, en fonction des spécificités propres à chaque chantier. Ceci nécessite concrètement :

  • En phase conception, étude de prix et instruction, de caractériser les impacts du chantier sur les ressources en eau et les milieux naturels ;
  • En phase exécution, de mettre en œuvre l’approche multi-barrières en fonction :
    • de la nature et de l’ampleur des installations, ouvrages, travaux et activités (IOTA) envisagés,
    • de la topographie, de la nature des sols et des milieux naturels concernés,
    • du couvert végétal, de la pluviométrie et des risques hydrauliques associés,
    • des enjeux écologiques associés aux cours d’eau et aux zones humides situés au droit du chantier ou à proximité. 

L’approche multi-barières consiste à combiner entre elles différentes bonnes pratiques pour réduire les impacts environnementaux lors de l’exécution du chantier.

 

Schéma d’installation environnementale de chantier

 

Solutions de moindre impact sur les composantes physiques des milieux aquatiques

Les travaux de diagnostic des sites, le dégagement d’emprise, le terrassement, la création des voies d’accès et des plateformes techniques, l’excavation ou le dépôt de matériaux, et la réalisation des installations et ouvrages définitifs, peuvent avoir des impacts sur les composantes physiques des milieux aquatiques. 

Les solutions de moindre impact sur les composantes physiques des milieux aquatiques consistent à :

  • préserver les zones tampons et les boisements de berge (ripisylve), les annexes hydrauliques (anciens méandres, nappe alluviale d’accompagnement) et les zones humides en les intégrant dans les plans d’accès, de circulation et d’emprise des chantiers

  • limiter l’érosion des sols et le colmatage du lit des cours d’eau et zones humides par une gestion appropriée des voies d’accès et de circulation sur chantier, la prise en compte de la topographie, de la nature du sol et des conditions météorologiques, une bonne gestion des eaux de ruissellement et une maîtrise des rejets des sédiments

Processus érosion, transport, sédimentation

  • ne pas intervenir avec des engins en lit mineur : il convient de réduire au maximum les processus d’érosion dans les lits mineurs provoquant une incision du cours d’eau et une baisse du niveau de la nappe d’accompagnement ;
  • modifier le moins possible la topographie et les conditions hydrauliques : altération de la pente, du profil en long, des sections d’écoulement et de la nature des berges, homogénéisation des faciès d’écoulement, perte de linéaire liée à la création d’un chenal d’écoulement rectiligne, etc. ;
  • conserver le degré d’hydromorphisme des sols et ne pas augmenter la minéralisation des sols à dominante organique en gérant correctement les rejets d’effluents.

Solutions pour gérer le ruissellement,  protéger le sol, les zones sensible et l’exutoire

La mise en œuvre opérationnelle de ces solutions passe par une étape préalable de cartographie et la prise en compte de la topographie, des écoulements superficiels, des milieux aquatiques et des zones à enjeu environnemental lors de l’élaboration des plans d’installation de chantier et de circulation des engins. 

 

Solutions de moindre impact sur la qualité de l’eau

Les solutions de moindre impact sur la qualité de l’eau (milieux aquatiques, eaux souterraines, réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales) permettent de limiter : 

  • les pollutions physico-chimiques des eaux de ruissellement et de lavage souillées pouvant contenir des sédiments, MES, résidus d’explosifs et d’hydrocarbures, huiles de décoffrage, etc. : mise en place de barrières, massifs filtrants, bassins de décantation, dispositifs de protection des regards, avaloirs et bouches d’égout

  • les rejets d’effluents toxiques : hydrocarbures, lubrifiants, graisses, peintures, floculants et autres substances dangereuses par la mise en place d’aires de stockage et d’utilisation étanches zéro rejet ainsi que de stations de lavage mobiles

Aire de lavage mobile des engins – Aire de rétention souple autoportante

 

  • l’augmentation de la température de l’eau, tout particulièrement en période d’étiage estival (diminution du taux d’oxygène dissous)
  • la diminution de la capacité d’autoépuration des milieux aquatiques en lien avec l’altération de l’activité photosynthétique et l’apport de nutriments (N, P) en excès favorisant l’eutrophisation
  • les risques de pollution des ressources en eau destinées à l’alimentation en eau potable par la mise en place de procédures de gestion des pollutions accidentelles et de kits antipollution sur site.

Barrage antipollution

 

 

Solutions de moindre impact sur la biodiversité

Ces solutions aident à réduire :

  • les altérations d’habitats : colmatage de la végétation aquatique ou des frayères, asphyxie des œufs, des larves et des juvéniles (insectes, amphibiens, mollusques, poissons…) en lien avec les travaux d’arasement des boisements de berge et de déblai par la prise en compte de ces habitats via une cartographie et une intégration dans les plans d’exécution des travaux ;
  • les altérations de la continuité écologique : obstacles infranchissables, destruction et/ou déconnexion d’annexes hydrauliques et de corridors, digues, levées, protections de berges en techniques minérales. Cette limitation nécessite la prise en considération du fonctionnement global des milieux aquatiques et la cartographie des espaces de bon fonctionnement associés ;
  • les perturbations du fonctionnement des écosystèmes et des métabolismes des organismes vivants : réduction des ressources alimentaires, destruction de zones refuges, dérangement des individus, dissémination d’éléments toxiques…

Exemple d’un franchissement de cours d’eau : à gauche : solution inappropriée, à droite : bonne pratique chantier – Source : AFB

 

Conclusion

Les solutions de moindre impact constituent l’ensemble des bonnes pratiques, techniques et dispositifs visant à réduire l’empreinte écologique des chantiers lors de l’exécution des travaux.

Ces bonnes pratiques permettent de respecter les prescriptions environnementales lors des phases du chantier et ainsi de limiter les risques de dégradation et de pollution des ressources en eau et des milieux aquatiques.

Solutions de moindre impact sur le milieu naturel dans un projet de travaux

 

Pour aller plus loin

➢ AFB, Mesures de réduction : bonnes pratiques en phase chantier (milieux aquatiques), 2018
➢ DREAL Pays de la Loire, Protection des milieux aquatiques en phase chantier, 2019

 

Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Géraud Bournet Yannis Hagel
recommandé par tpdemain
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