- Les eaux pluviales non souillées captées sur un chantier peuvent être utilisées pour différents usages et ainsi réduire les quantités consommées et les coûts.
- Les actions prenant en compte les eaux pluviales sont à étudier le plus en amont possible, de l’élaboration du projet aux dossiers de consultation des entreprises.
Projets permettant l’utilisation d’eaux pluviales
Intégrer l’utilisation d’eaux pluviales non souillées sur un chantier implique de prendre en compte, dès la conception différents éléments :
- Le contexte local comme la topographie ou les enjeux environnementaux
- L’implantation de la base vie et des récupérateurs d’eau
- Les éléments constructifs qui permettront au fur et à mesure de la construction de procéder aux extensions de zones de collecte d’eaux pluviales non souillées.
La fiche “Prendre en compte le ruissellement dans l’organisation d’un chantier de TP” complète ces éléments.
Tous les projets de construction et/ou de travaux publics peuvent intégrer l’utilisation des eaux pluviales dans leur process. En effet, l’eau pluviale peut être utilisés pour :
- Le nettoyage de l’outillage, des engins de chantier et le lavage des voiries le cas échéant
- L’alimentation des chasses d’eau des bases vie.
D’autres projets peuvent intégrer l’utilisation d’eau de pluie dans leur process. C’est notamment le cas pour :
- Des travaux paysagers pour l’arrosage et/ou l’irrigation
- Des travaux de démolition pour limiter la diffusion de poussières
- Des travaux d’infrastructure pour limiter la diffusion de poussières ou pour le compactage hydraulique
- Effectuer des tests divers comme les tests d’étanchéité de réserve incendie ou les tests de bon fonctionnement de pompes à l’exception des travaux sur le réseaux d’eau potable
- Diminuer la quantité d’eau de process par exemple pour la fabrication du béton
L’intégration de l’utilisation des eaux pluviales doit préalablement être autorisée par la réglementation locale et le gestionnaire du projet et être conforme aux arrêtés relatifs au prélèvement, stockage et utilisation d’eau de pluie.

Méthodologie pour l intégration des solutions de gestion durable des EP dans la conception d un projet TP
Dimensionnement de la solution de récupération d’eaux pluviales
Le dimensionnement d’une installation de récupération d’eaux de pluie prend en compte différents paramètres :
- La surface imperméabilisée sur laquelle sera récupérée les eaux pluviales. Cette surface est exprimée en m²
- La pluviométrie mensuelle sur site. Ces éléments peuvent être obtenues auprès de MÉTÉO FRANCE. La pluviométrie s’exprime en mm
- Le coefficient de ruissellement qui permet de prendre en compte l’ensemble des volumes d’eau n’étant pas récupéré. Sur une toiture, on estime le coefficient à 0.8. Sur un espace avec des gravillons, ce coefficient est abaissé à 0.5.

Le volume ainsi calculé est exprimé en litres par mois en appliquant la formule suivante :
Volume d’eau récupérée = A x P x C
Ce volume reste une estimation sur la base de constats notamment en terme de pluviométrie. Il est donc nécessaire de prendre des précautions en minimisant légèrement les volumes obtenus. Il est nécessaire de comparer ces volumes estimés aux besoins du chantier afin de savoir si la solution d’intégrer une solution de gestion durable des eaux pluviales présente un intérêt.
Estimation financière de la mise en place d’une solutions de gestion durable
L’entreprise qui souhaite intégrer une solution de gestion durable des eaux pluviales doit être en capacité d’estimer le coût d’une telle mise en œuvre. Dans ce cadre, quelque points de repères sont donnés à titre indicatif :
- Eléments de collecte et de transport – gouttière et réseau – environ 10 à 30 € du mètre linéaire et 1 jour à 2 Equivalent Temps Plein (ETP) pour la mise en œuvre
- Dégrillage – environ 300 euros l’unité
- Filtration complémentaire sur filtre à sable ou filtre à charbon actif – environ 1500 euros l’unité
- Station de traitement complémentaire en cas de réutilisation spécifique (intégration dans les bétons) – entre 2500 et 5000 euros l’unité en fonction des caractéristiques chimiques à obtenir
- Stockage – environ 150 euros par m3 de rétention pour des réserves posés sur le sol
- Pompes de distribution – 500 à 1500 euros en fonction de la nécessité ou pas de maintenir une pression en sortie d’installation.
Le coût de la mise en oeuvre d’une solution de gestion durable des eaux pluviales doit faire l’objet d’une analyse coût-bénéfice prenant en compte les coût liées aux installations de chantier et aux consommations d’eau si celle-ci provient du réseau d’eau potable et serait à payer par l’entreprise.
Conclusion
L’utilisation de l’eau pluviale sur les chantiers est possible à différents niveaux et implique une prise en compte des obligations et contraintes spécifiques à la mise en place de solutions de gestion durable des eaux pluviales. Toutes les opérations de démolition et construction peuvent intégrer l’utilisation des eaux pluviales tout au long de l‘exécution des travaux.
Cette intégration offre l’avantage de réduire les volumes d’eau potable consommés et facturés tout en impactant favorablement sur l’environnement. Cette approche doit faire l’objet d’une prise en compte de l’environnement local, des volumes susceptibles d’être captés et des besoins périodiques. Enfin, l’intégration de solution de gestion durable des eaux pluviales doit être chiffrée pour intégrer les éventuels coûts de ces solutions aux prix de vente des prestations des entreprises.
Les eaux pluviales non souillées captées sur un chantier peuvent être utilisées pour différents usages et ainsi réduire les quantités consommées et les coûts. Les actions prenant en compte les eaux pluviales sont à étudier le plus en amont possible de l’élaboration du projet aux dossiers de consultation des entreprises.
Sources :
- Arrêté du 21 août 2008 relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. Modifié par l’arrêté du 12 juillet 2024
- Arrêté du 17 décembre 2008 relatif, notamment, au contrôle des ouvrages de récupération des eaux de pluie.
- NF EN 16941-1 : Réseaux d’eau non potable sur site – Partie 1 : Systèmes pour l’utilisation de l’eau de pluie (janvier 2018).
- www.sante.gouv.fr
- https://www.ffbatiment.fr/actualites-batiment/actualite-bam/regles-utilisation-eau-de-pluie
- https://www.cahiers-techniques-batiment.fr/article/5-les-techniques-de-recuperation-de-l-eau-de-pluie.25363
- https://www.constructing-sustainable-future.com/datas/eau-les-5-reflexes-dun-chantier-exemplaire/
- Installation d’un système de Réutilisation d’eau de pluie par O’TOP Atlantique
- Eau : le défi de la sobriété
- https://services.meteofrance.com/climatologie/SYNTHESE-CLIMATOLOGIQUE/synthese-climatologique-dune-annee
- ASTEE – CHARTE QUALITÉ NATIONALE DES OUVRAGES ET AMÉNAGEMENTS DE GESTION DURABLE ET INTÉGRÉE DES EAUX PLUVIALES – Avril 2024
- Fédération française du bâtiment, les règles d’utilisation de l’eau de pluie
Image(s) :
- EGLEFOR