- Le Plan eau 2023 en France vise à préserver la qualité et la disponibilité de l’eau tout en restaurant les milieux naturels.
- Il comprend 53 mesures, dont le soutien à des projets pilotes basés sur des solutions fondées sur la nature, la protection des aires de captage d’eau potable, et le financement de projets de désimperméabilisation urbaine.
- Les entreprises de travaux publics peuvent y contribuer en créant des aménagements naturels, en transformant des espaces urbains et en adoptant des pratiques écologiques dès la phase conception des chantiers, ce qui les positionne comme des partenaires clés de la transition écologique.
Face au changement climatique, à la raréfaction de la ressource en eau et à la dégradation des écosystèmes aquatiques, le gouvernement français a lancé en 2023 un Plan eau ambitieux. Celui-ci vise à préserver la qualité et la disponibilité de l’eau tout en restaurant les milieux naturels qui en dépendent. À travers 53 mesures, ce plan mobilise collectivités, agriculteurs, industriels et entreprises de travaux publics autour d’actions concrètes. Les solutions fondées sur la nature (SfN), en particulier, sont identifiées comme des leviers clés pour une gestion durable de l’eau et la restauration écologique. Ce document met en lumière les mesures phares du plan liées à la préservation des milieux naturels, ainsi que les opportunités pour les entreprises de TP de s’y inscrire concrètement.
Préserver et restaurer les milieux naturels : un axe fort du Plan eau
Le Plan eau consacre une part importante de ses actions à la préservation et la restauration des écosystèmes aquatiques et humides, éléments essentiels du cycle naturel de l’eau. Plusieurs mesures ciblent directement ces milieux :
- Le soutien à 70 projets pilotes basés sur des SfN (renaturation de cours d’eau, restauration de zones humides, désimperméabilisation de sols) (cf fiche 3_2) ;
- Une aide renforcée au génie écologique, afin de structurer la filière et d’élargir les capacités d’intervention sur les milieux sensibles ;
- La protection des aires de captage d’eau potable par la promotion de pratiques vertueuses et la limitation des pollutions diffuses ;
- Le financement de projets de désimperméabilisation urbaine via le Fonds vert.
Ces mesures ont pour but de restaurer les fonctionnalités naturelles des milieux, de favoriser l’infiltration, de limiter l’érosion et d’offrir un refuge à la biodiversité, tout en améliorant la résilience des territoires face aux aléas hydrologiques (inondations et sécheresses).

De la ville entonnoir à la ville éponge – Source : Méli Mélo / GRAIE
Le rôle central des entreprises de travaux publics
Les entreprises de travaux publics peuvent jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre opérationnelle de ces mesures. Loin d’être cantonnées aux opérations d’infrastructure classique, elles peuvent aujourd’hui intervenir dans :
- la création ou la réhabilitation d’aménagements naturels : berges végétalisées, zones tampons, mares, tranchées filtrantes ;
- la transformation des espaces urbains : suppression de surfaces imperméables, pose de revêtements drainants, construction de noues ou bassins multifonctionnels ;
- l’accompagnement des chantiers sensibles : protection temporaire des sols, dispositifs de filtration naturelle, végétalisation progressive des sites ;
- le génie écologique : techniques douces de stabilisation des talus, ensemencement local, fascines, banquettes plantées.

Génie écologique pour aménagement de berges (source : Génie écologique, végétal – Dynamique Environnement)
Ces missions répondent directement aux objectifs du plan tout en ouvrant de nouveaux marchés et en valorisant des compétences innovantes. Les entreprises peuvent aussi co-construire des projets avec les collectivités, intégrer des écologues, hydrologues et paysagistes, et ainsi se positionner comme des partenaires privilégiés de la transition écologique des territoires.

Source : Agence Eau Seine-Rhin-Meuse
Intégrer les SfN dans les chantiers TP : une logique d’anticipation
Dès la phase de chantier, il est possible d’employer les SfN comme outils de gestion responsable. Parmi les pratiques immédiatement mobilisables, on trouve :
- la stabilisation écologique des sols en terrassement : semis, paillage, géotextiles biodégradables ;
- la gestion provisoire des eaux de pluie : fossés enherbés, bassins temporaires d’infiltration ;
- la protection des milieux proches : dispositifs antipollution naturels, limitation de l’emprise, plantations anticipées.

Piégeage de sédiments et ensemencement de talus (Source : AFB) – Tranchées drainantes
Ces interventions permettent de réduire l’empreinte écologique du chantier, de préfigurer les aménagements durables et de limiter les coûts de remise en état. C’est aussi un moyen de répondre aux exigences croissantes des maîtres d’ouvrage en matière de RSE et de performance environnementale.
Conclusion
Le Plan eau 2023 constitue un tournant majeur pour la préservation des milieux naturels et la gestion durable de l’eau en France. Il offre un cadre financier, réglementaire et technique propice à l’essor des solutions fondées sur la nature.
Les entreprises de travaux publics, au cœur des territoires, ont une opportunité stratégique à saisir : se positionner comme des acteurs de terrain capables de réaliser des aménagements plus verts, plus résilients et mieux intégrés aux milieux naturels. Par l’adaptation de leurs pratiques et l’élargissement de leurs compétences, elles participent pleinement à la transition écologique du secteur de la construction et des infrastructures.
Sources :
- Ministère de la Transition écologique (France) : Plan eau : 3 enjeux, 53 mesures | Ministères Aménagement du territoire Transition écologique
- Présentation des 53 mesures du plan eau | Portail internet DREAL Bourgogne-Franche-Comté
- Une instruction détaille la feuille de route des préfets pour la mise en œuvre du plan Eau dans les territoires
- Adaptation de la France au changement climatique | Ministères Aménagement du territoire Transition écologique
Image(s) :