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Principaux Troubles du Neuro-Développement

A retenir

Cet article présente les 7 grandes familles de Troubles du Neuro-Développement et montre comment elles peuvent se manifester en centre de formation TP.

Il aide les formateurs à mieux lire certaines difficultés observables sans confondre observation pédagogique et diagnostic.

Quels sont les principaux Troubles du Neuro-Développement, et comment se manifestent-ils en formation ?

Les Troubles du Neuro-Développement ne se manifestent pas tous de la même manière. En formation Travaux Publics, certains apprentis comprennent vite à l’oral mais peinent à s’organiser. D’autres sont efficaces en atelier, mais se perdent dans un support écrit, dans une consigne longue ou dans un changement imprévu. Avant de réduire ces écarts à un manque d’attention ou de motivation, il faut donc connaître les grandes familles de TND et comprendre comment elles peuvent apparaître concrètement en centre de formation.

Un même trouble peut produire des effets très différents selon la tâche, le contexte, la fatigue ou les exigences de la séance. Ce que le formateur observe n’est donc pas un diagnostic, mais un point d’appui pour mieux comprendre et mieux adapter.

Infographie présentant sept grandes familles de troubles neurodéveloppementaux : trouble du spectre de l’autisme, troubles de la communication, troubles spécifiques des apprentissages, TDAH, trouble du développement intellectuel, troubles moteurs et autres troubles neurodéveloppementaux. Chaque famille est représentée par une carte illustrée avec une courte description des difficultés associées. L’ensemble rappelle que les TND regroupent des profils variés, dont les impacts diffèrent selon les personnes et les contextes.
Comprendre les troubles neurodéveloppementaux : sept grandes familles de TND à connaître et à distinguer.

Que recouvrent les principaux Troubles du Neuro-Développement ?

Les TND regroupent plusieurs familles de troubles qui touchent le développement de certaines fonctions utiles pour apprendre, communiquer, se concentrer, s’organiser, coordonner ses gestes ou s’adapter à une situation. Tous ne se ressemblent pas. Tous n’ont pas les mêmes effets. En revanche, ils ont un point commun : ils peuvent gêner durablement le fonctionnement scolaire, social, professionnel ou quotidien.

Pour un formateur TP, connaître ces grandes familles permet d’éviter deux erreurs fréquentes. La première consiste à tout mettre dans le même sac. La seconde consiste à croire qu’un apprenti en difficulté “fait exprès” ou “ne veut pas”. Mieux connaître les TND permet au contraire de distinguer des profils différents, avec des besoins pédagogiques différents.

Pourquoi est-il utile de distinguer les 7 grandes familles de TND ?

En formation Travaux Publics, les situations d’apprentissage sont variées. Il faut écouter une consigne, lire un plan, mémoriser une procédure sécurité, s’adapter à un changement de consigne, travailler en binôme, manipuler un outil, expliquer une méthode ou encore planifier plusieurs étapes. Or un apprenti peut être à l’aise sur certaines de ces tâches et très en difficulté sur d’autres.

Distinguer les grandes familles de TND aide donc le formateur à affiner sa lecture. Une agitation ne renvoie pas forcément à la même difficulté qu’un silence prolongé. Un retard dans la copie du tableau ne renvoie pas aux mêmes besoins qu’une mauvaise coordination gestuelle ou qu’une difficulté à comprendre les implicites dans un échange.

Infographie présentant la classification DSM-5 des troubles neurodéveloppementaux en sept grandes familles. Elle distingue les troubles du développement intellectuel, les troubles de la communication, le trouble du spectre de l’autisme, le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité, les troubles spécifiques des apprentissages, les troubles moteurs et les autres troubles neurodéveloppementaux. Chaque famille est résumée dans un encadré avec quelques exemples ou sous-catégories. Un bloc “À retenir” rappelle que ces troubles débutent pendant la période du développement et peuvent altérer le fonctionnement personnel, social, scolaire ou professionnel. Le logo tpdemain apparaît en bas à droite.
Classification DSM-5 des troubles neurodéveloppementaux : sept grandes familles de TND à repérer pour mieux comprendre la diversité des profils.

Les 7 grandes familles de Troubles du Neuro-Développement

1. Le trouble du spectre de l’autisme (TSA)

Le trouble du spectre de l’autisme concerne principalement la communication sociale, les interactions sociales et certains comportements ou intérêts restreints et répétitifs. Il peut aussi s’accompagner de particularités sensorielles.

En formation TP, cela peut se traduire par une difficulté à comprendre les implicites, à s’adapter à un changement non annoncé, à supporter un environnement trop bruyant ou à entrer facilement dans certains échanges de groupe. Un apprenti concerné peut avoir besoin d’un cadre plus prévisible, de consignes explicites et de transitions mieux préparées.

2. Les troubles de la communication

Cette famille regroupe des difficultés qui touchent le langage oral, la phonation, la fluidité verbale ou la communication sociale. L’apprenti peut avoir du mal à comprendre certains messages, à trouver ses mots, à s’exprimer avec précision ou à interpréter correctement les échanges.

En centre de formation TP, ces troubles peuvent se voir quand une explication orale longue est difficile à suivre, quand une réponse verbale reste floue malgré une bonne volonté évidente, ou quand l’apprenti comprend mieux avec un support visuel, un geste professionnel ou une démonstration qu’avec une suite d’explications uniquement parlées.

3. Les troubles spécifiques des apprentissages, souvent appelés troubles DYS

Les troubles DYS concernent durablement la lecture, l’écriture, l’expression écrite et/ou les mathématiques, malgré un enseignement adapté. On y retrouve notamment la dyslexie, la dysorthographie, la dysgraphie et la dyscalculie.

En formation Travaux Publics, ces troubles peuvent avoir des effets très concrets. Un apprenti peut mettre beaucoup plus de temps que les autres à recopier une consigne, à lire un plan, à remplir un document, à rédiger un compte rendu simple ou à gérer certaines conversions d’unités. Cela ne signifie pas qu’il ne comprend pas le métier. Cela signifie que l’accès à l’information écrite ou chiffrée lui coûte davantage.

4. Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)

Le TDAH se caractérise par des symptômes d’inattention, d’hyperactivité et/ou d’impulsivité qui entraînent une gêne significative. Tous les profils ne se ressemblent pas. Certains apprentis sont surtout distraits. D’autres sont surtout impulsifs. D’autres encore présentent les deux aspects.

En formation TP, cela peut se voir dans un carnet vide, un outillage éparpillé, des oublis répétés, des retards, une difficulté à attendre son tour, des interventions impulsives ou une perte rapide du fil quand la consigne se prolonge. Là encore, il ne s’agit pas d’un simple manque de sérieux. Le coût attentionnel de la tâche peut être très élevé.

5. Les troubles du développement intellectuel (TDI)

Les troubles du développement intellectuel correspondent à des limitations significatives dans le fonctionnement intellectuel et dans les capacités d’adaptation. Ils peuvent affecter la compréhension, le raisonnement, la résolution de problème ou l’autonomie dans certaines situations du quotidien.

En formation TP, l’apprenti peut avoir besoin d’étapes plus explicites, d’exemples plus concrets, de répétitions, de consignes simplifiées et d’un accompagnement plus progressif. Il ne s’agit pas de baisser l’exigence au point de vider la formation de son sens, mais de rendre la tâche accessible et compréhensible.

6. Les troubles moteurs

Cette famille regroupe notamment le trouble développemental de la coordination, les mouvements stéréotypés et les troubles des tics. Les difficultés touchent alors la coordination, la précision gestuelle, le contrôle moteur ou certains mouvements involontaires.

En centre de formation TP, cela peut se traduire par des maladresses répétées, une lenteur dans certains gestes, des difficultés à manipuler certains outils avec précision, une fatigue plus importante ou un besoin de repositionnement régulier pour être efficace. Sans repère sur ces troubles, le formateur peut croire à un manque d’application alors que la difficulté est d’abord motrice.

7. Les autres troubles neurodéveloppementaux

Cette dernière catégorie rassemble des profils qui relèvent bien du champ des TND sans correspondre exactement aux autres diagnostics, ou dont les manifestations restent partielles, mixtes ou en cours de clarification. Elle rappelle surtout qu’il n’existe pas toujours une correspondance simple entre une difficulté observée et une catégorie parfaitement nette.

Pour le formateur, ce point est important. Tous les apprentis concernés ne se présentent pas avec un profil “typique”. Certains cumulent plusieurs fragilités. D’autres ont un trouble bien compensé sur certains versants et très visible sur d’autres.

Pourquoi les manifestations observables ne suffisent-elles pas à poser un diagnostic ?

Un même comportement peut avoir plusieurs explications. Un apprenti qui bouge beaucoup peut être distrait, stressé, fatigué, en surcharge sensorielle ou simplement mal installé. De la même manière, un jeune qui ne rend pas son travail peut être en difficulté avec l’écrit, avec l’organisation, avec la compréhension de la consigne ou avec la gestion du temps.

Le rôle du formateur n’est donc pas de diagnostiquer. Son rôle est d’observer, de décrire, de repérer ce qui revient souvent, puis d’adapter ce qui peut l’être ou de signaler la situation quand cela est nécessaire. Cette prudence est essentielle pour rester juste.

Comment les principaux TND peuvent-ils se manifester en centre de formation TP ?

Le tableau ci-dessous ne donne pas des certitudes. Il propose plutôt des repères de lecture. Chaque observation renvoie à un trouble associé possible, et non à une conclusion automatique.

Ce qu’on observe en formation Trouble associé probable
Un apprenti met beaucoup plus de temps que les autres à recopier le tableau. À la fin du cours, sa feuille est incomplète. Troubles DYS, en particulier difficulté de lecture ou d’écriture
Son carnet est vide. Ses outils sont éparpillés. Il arrive en retard mais affirme qu’il n’a pas vu l’heure. TDAH
Un changement de salle ou de planning annoncé au dernier moment le déstabilise fortement. Il peut se braquer ou refuser. TSA
Il confond régulièrement certaines unités, certaines grandeurs ou certaines étapes de calcul sur un plan ou une fiche technique. Trouble spécifique des apprentissages, notamment dyscalculie
Elle lâche ou fait tomber des outils. Elle se repositionne souvent pour réussir un geste précis. Trouble moteur, notamment trouble développemental de la coordination
Il a du mal à suivre une explication longue à l’oral. Si plusieurs phrases s’enchaînent sans pause, il perd le fil. Trouble de la communication ou fragilité attentionnelle

Dans une séance TP, ces manifestations peuvent apparaître en salle, en atelier ou sur plateau technique. Elles ne remettent pas forcément en cause les compétences métier de l’apprenti. En revanche, elles compliquent son accès à la consigne, à l’organisation, à la lecture de l’environnement ou à la restitution attendue.

Que changent ces repères pour un formateur TP ?

D’abord, ils changent le regard. Le formateur n’interprète plus trop vite une difficulté comme un manque d’envie ou comme une opposition. Ensuite, ils changent la réponse pédagogique. Un jeune qui oublie les étapes n’a pas forcément besoin d’un recadrage plus ferme. Il a peut-être d’abord besoin d’un support visuel, d’une consigne séquencée ou d’une vérification intermédiaire.

Ces repères changent aussi le rapport à l’évaluation. Un apprenti peut avoir compris le geste métier, mais être gêné dans la copie, la lecture, l’organisation ou l’expression écrite. Si le formateur ne voit que la forme scolaire de la tâche, il risque de sous-estimer le niveau réel de compétence.

Pourquoi faut-il aussi penser aux profils mixtes et aux comorbidités ?

Dans la réalité, un apprenti n’entre pas toujours dans une seule case. Plusieurs troubles peuvent coexister. Un trouble du langage peut s’accompagner de difficultés attentionnelles. Un trouble DYS peut coexister avec une grande fatigabilité. Un profil TSA peut aussi s’accompagner d’une forte anxiété ou d’une sensibilité sensorielle marquée.

Cela explique pourquoi certains profils semblent “contradictoires” au premier regard. Un jeune peut être très à l’aise à l’oral mais très en difficulté dans l’écrit. Un autre peut être excellent en pratique mais perdre complètement ses moyens dans une tâche qui demande de planifier, d’anticiper et de verbaliser en même temps. Le formateur gagne donc à rester prudent, concret et ouvert dans son observation.

Des exemples concrets en formation Travaux Publics

Lors d’une activité de lecture de plan de récolement, un apprenti reste bloqué devant la feuille alors qu’il connaît pourtant le chantier. La difficulté ne vient pas forcément du fond. Elle peut venir du support, du repérage visuel, du vocabulaire technique ou de la charge cognitive imposée par la page.

Sur un briefing sécurité, un autre apprenti paraît écouter, puis oublie les étapes dès qu’il passe à l’action. Là encore, le problème n’est pas forcément le manque d’attention volontaire. Il peut être lié à la mémoire de travail, à l’inhibition ou à la manière dont l’information a été transmise.

En atelier, un apprenti peut être compétent, volontaire et motivé, mais perdre du temps à s’organiser, à retrouver ses outils, à gérer la succession des étapes ou à adapter son geste. Sans connaissance minimale des TND, ces décalages paraissent parfois incompréhensibles. Avec quelques repères, ils deviennent déjà plus lisibles.


Pour aller plus loin sur les principaux TND en formation TP

Pour prolonger cette lecture, vous pouvez consulter l’article Trouble du Neuro-Développement en formation TP, qui pose les bases utiles pour comprendre ce que recouvre la notion de TND et pourquoi elle concerne directement les formateurs. En complément, la page Nouvelle stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement apporte un cadrage général sur les TND et leurs grands enjeux d’accompagnement.

Vous pouvez également consulter la page Troubles dys, TDAH, autisme : de quels accompagnements un enfant peut-il bénéficier ?, utile pour mieux comprendre certains termes fréquemment rencontrés autour des TND. Dans la suite de cette série, d’autres articles préciseront les idées reçues à déconstruire, le rôle des fonctions exécutives et les adaptations concrètes à mettre en place en centre de formation TP.


Ce qu’il faut retenir

Les Troubles du Neuro-Développement regroupent plusieurs grandes familles : TSA, troubles de la communication, troubles DYS, TDAH, TDI, troubles moteurs et autres TND. Chacune peut produire des manifestations différentes en formation, selon les tâches, le contexte et les exigences de la séance.

En formation Travaux Publics, ces repères aident le formateur à mieux lire certaines difficultés observables sans transformer son regard en diagnostic. Mieux distinguer les profils permet d’ajuster plus justement les consignes, les supports, les attentes et les modalités d’accompagnement.

Rédigé en collaboration avec Marie Jouffrit, fondatrice de POP UP Formation, organisme de formation de formateurs.
Ont contribué à l’article :
Frédéric BUTTET Marie Jouffrit
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