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Transition écologique

SEVE-TP : Les variantes environnementales

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A RETENIR
  • Une variante environnementale est une solution technique, logistique ou organisationnelle proposée en alternative à la solution de base d’un projet de travaux publics, dans le but de réduire ses impacts environnementaux tout en conservant les mêmes fonctionnalités et le même niveau de service.
  • Elle peut être proposée :
    • Spontanément par l’entreprise (si le marché le permet)
    • À la demande du maître d’ouvrage ou dans un cadre contractuel ouvert à la variante
  • C’est un levier clé pour améliorer la performance environnementale des projets, sans renoncer aux objectifs de sécurité, de durabilité et de coût.

1. Quelle est la définition d’une variante environnementale ?

Une variante environnementale est une modification d’une solution technique de base, visant à réduire l’empreinte environnementale d’un projet (gaz à effet de serre, matières premières, biodiversité, énergie…), à iso-fonctionnalité, c’est-à-dire sans changer la finalité du projet.

Elle devra être, a minima, aussi performante que la solution initialement définie par le donneur d’ordre. Attention : l’entreprise prend la responsabilité des solutions qu’elle aura préconisées.

Exemple de variante :

  • utilisation de matériaux recyclés en remplacement des matériaux nobles d’apport sur les postes suivants : remblai supérieur de tranchée, aménagements paysagers…
  • utilisation de techniques permettant de limiter la production de déchets, comme le réemploi des matériaux déblayés en remblai, (par exemple dans le cas de chantiers avec terrassements importants)
  • utilisation de techniques permettant de privilégier la démolition sélective à la démolition, (par exemple dans le cas de chantiers de bâtiment avec démolitions) ;

L’entreprise fournira tous les renseignements utiles pour juger de la qualité des matériaux, techniques et méthodes qu’elle propose en variantes 

Pour en savoir  plus : le site internet clause verte pour des exemples de variantes
Le mémoire technique permet à l’entreprise de présenter ses méthodes et de valoriser ses compétences en matière de protection de l’environnement.

 

 

2. Quels sont les principaux objectifs d’une variante environnementale ?

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)

L’objectif principal est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre en :

    • réduisant les émissions directes (liées à l’usage d’engins, au transport, etc.),
    • diminuant les émissions indirectes notamment liées à la fabrication des matériaux,
    • favorisant des solutions bas carbone : matériaux recyclés, engins électriques ou hybrides, optimisation du mix énergétique des usines de fabrication, etc.
  • Optimiser les ressources naturelles consommées

La variante environnementale vise à limiter la consommation de ressources en :

    • réduisant les volumes de matériaux utilisés (via des variantes techniques ou des ajustements de conception),
    • économisant les carburants par une logistique optimisée,
    • limitant la consommation d’eau par des techniques de chantier adaptées,
    • privilégiant des matériaux locaux ou disponibles sur site (ex : terres excavées réutilisées si cela est possible).
  • Limiter les nuisances (bruit, poussière, trafic…) pour l’environnement et les riverains

L’intégration de critères environnementaux permet de limiter les impacts temporaires et permanents commes :

    • nuisances sonores (phases de chantier silencieuses, engins moins bruyants),
    • pollution de l’air (poussières, gaz d’échappement),
    • congestion du trafic local (planification, horaires de livraison adaptés),
    • pollution lumineuse ou visuelle.
  • Favoriser le réemploi, et l’économie circulaire

Une variante environnementale cherche à :

    • maximiser le réemploi de matériaux de déconstruction ou issus d’autres chantiers,
    • encourager la sobriété dans les choix constructifs (éviter le surdimensionnement),
    • intégrer des boucles d’économie circulaire : recyclage in situ, modularité des équipements, mutualisation des infrastructures.

 

3. Quelques exemples concrets de variantes environnementales

Voici quelques exemples concrets de variantes environnementales qu’il est possible de mettre en place sur des projets de TP : 

Solution de base Variante environnementale
Enrobés bitumineux classiques Enrobés bitumineux à température abaissée et avec un taux élevé d’agrégats d’enrobés
Évacuation de déblais Réutilisation sur site
Transport routier Transport routier électrique ou aux carburants alternatifs
Engins diesel Engins B100 ou électriques
Granulats neufs Granulats recyclés

Attention, chaque variante est pensée en fonction du contexte technique, de la configuration du site et des moyens disponibles.

4. Quels sont les enjeux associés à la définition de variantes?

La présentation de variantes dans le cadre d’un appel d’offres couvre plusieurs enjeux stratégiques, qui peuvent être techniques ou réglementaires. Leur bonne compréhension par les entreprises est essentielle pour garantir la pertinence de la proposition, son acceptabilité par la maîtrise d’ouvrage, et sa valorisation dans l’évaluation finale.

  • Compréhension du périmètre autorisé

Il est crucial d’identifier ce que le cadre contractuel permet ou non en matière de variantes. Les pièces du marchés, en particulier le Règlement de la Consultation (RC) peuvent restreindre ou encadrer la possibilité de présenter des variantes.

Il convient de distinguer les variantes dites « libres » (la présentation des modifications sont laissées à l’initiative du candidat), des variantes « imposées » (présentation obligatoire par le candidat).

  • Crédibilité technique et robustesse chiffrage de la variante

Une variante, pour être recevable, doit reposer sur :

    • une solution techniquement maîtrisée, appuyée si besoin par des retours d’expérience ou des références similaires,
    • un chiffrage précis, intégrant tous les impacts directs et indirects (économies, surcoûts éventuels, investissements),
    • la démonstration que la variante n’induit pas de risques supplémentaires pour la qualité, la sécurité ou le planning du chantier.
  • Capacité à quantifier les gains environnementaux (via SEVE-TP ou d’autres logiciels d’ACV partielle)

Une variante environnementale doit s’appuyer sur des éléments quantifiés et vérifiables, comme :

    • des calculs d’empreinte environnementale issus de SEVE TP ou d’outils d’analyse de cycle de vie partielle (ACV),
    • des comparatifs chiffrés sur différents indicateurs environnementaux,
    • des indicateurs de performance clairs, lisibles et alignés avec les critères du maître d’ouvrage.
  • Valorisation dans le mémoire technique

Enfin, la variante peut être clairement mise en valeur dans les pièces de l’offre :

    • dans le mémoire technique, elle doit être décrite avec précision, argumentée et illustrée par des gains mesurables,
    • dans la grille d’évaluation environnementale, elle doit cocher les cases prioritaires définies par la MOA (baisse des GES, sobriété, économie circulaire…),
    • une bonne structuration des arguments est essentielle pour maximiser la note attribuée et faire ressortir la valeur ajoutée de la solution.

 

Conclusion : Comment valoriser des variantes environnementales dans des marchés de travaux ?

La variante environnementale est un outil central dans une stratégie de réduction d’impact des projets de TP.
Elle permet d’adapter intelligemment les moyens techniques, de réduire l’empreinte environnementale des projets, et de valoriser les savoir-faire environnementaux des entreprises.

Elle est d’autant plus pertinente qu’elle est :

  • Quantifiée via des outils comme SEVE-TP,
  • Ciblée sur les bons postes d’émission,
  • Compatible avec le programme initial du projet.

 

Ont contribué à l’article :
CB
TB
Yannis Hagel

Sources :

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