- Le SOPRE est le document de référence utilisé pour préparer le PRE.
- Son rôle est d’identifier en amont les risques et les enjeux environnementaux du chantier.
- Il présente l’organisation, les moyens et les contrôles envisagés par l’entreprise dans son offre.
- Il constitue un document de cadrage environnemental avant l’exécution des travaux.
Dans les Travaux Publics, le Schéma organisationnel du plan de respect de l’environnement, ou SOPRE, permet au candidat d’exposer sa méthode avant le démarrage du chantier. Ce document présente l’organisation envisagée, les moyens mobilisés et les mesures prévues pour répondre aux exigences environnementales du marché. Il sert aussi de base de travail pour préparer ensuite le PRE, plus détaillé et adapté à l’exécution.
Qu’est-ce qu’un SOPRE ?
Le Schéma organisationnel du plan de respect de l’environnement est un document préparé par le soumissionnaire au stade de l’offre. Il décrit, en fonction du site, des contraintes du marché et de l’environnement local, les dispositions d’organisation et de contrôle que l’entreprise propose pour respecter les prescriptions environnementales fixées par le maître d’ouvrage.
Concrètement, le SOPRE permet de présenter une méthode. Il ne s’agit pas encore du document d’exécution détaillé du chantier. Il sert plutôt à montrer que l’entreprise a bien identifié les enjeux environnementaux, qu’elle sait comment s’organiser et qu’elle prévoit des moyens cohérents avec les exigences du marché.
Le SOPRE sert ensuite de base à l’élaboration du Plan de Respect de l’Environnement, ou PRE. Cette articulation est importante : le SOPRE cadre les engagements proposés dans l’offre, puis le PRE les traduit en procédures concrètes pendant la période de préparation du chantier.

Quel est le rôle d’un SOPRE ?
Le SOPRE a d’abord un rôle de présentation. Il permet au candidat d’expliquer comment il compte mener un chantier performant sur le plan environnemental, tout en respectant les contraintes réglementaires et les exigences particulières du dossier de consultation.
Il a aussi un rôle d’anticipation. En effet, ce document aide à repérer les impacts possibles sur l’eau, l’air, les sols, le bruit, les déchets, la biodiversité ou les riverains. Cette analyse en amont permet de proposer des mesures adaptées avant même le démarrage des travaux.
Enfin, le SOPRE a un rôle de structuration. Il oblige l’entreprise à préciser son organisation, les responsabilités prévues, les moyens d’information, les procédures d’urgence, les modalités de suivi et les principes de reporting. Il devient ainsi un support utile pour relier l’offre, la préparation du chantier et le futur PRE.
Les données d’un SOPRE
Le contenu précis d’un SOPRE dépend du marché. Toutefois, plusieurs rubriques reviennent très souvent dans les consultations de Travaux Publics.
Organisation pour la protection de l’environnement
Le SOPRE présente généralement l’identité du candidat, son organisation au siège et sur le chantier, ainsi que les personnes chargées des questions environnementales. Il peut préciser les responsabilités du chargé d’environnement, les circuits de validation et les liens entre l’entreprise, ses sous-traitants et ses fournisseurs.
Moyens d’information et de sensibilisation
Cette partie décrit comment l’entreprise prévoit d’informer et de sensibiliser l’encadrement, les compagnons, les sous-traitants et les prestataires. Elle peut par exemple mentionner l’accueil environnement, les consignes diffusées, les affichages, les causeries ou les rappels réguliers pendant le chantier.
Description des mesures de protection envisagées
Le SOPRE expose les mesures prévues pour limiter les impacts sur l’environnement pendant les différentes phases du chantier. Il peut traiter de l’eau, de la biodiversité, du bruit, de l’air, des consommations de ressources, de l’installation de chantier, des travaux réalisés par l’entreprise, des prestations sous-traitées et du repli de chantier.
Gestion des déchets
La gestion des déchets occupe souvent une place importante dans le SOPRE. L’entreprise y précise les principes de tri, de stockage, de transport, de traçabilité et d’évacuation des déchets. Selon le marché, cette partie peut être complétée par un document plus spécifique consacré à l’organisation de la gestion des déchets.
Situations d’urgence
Le document identifie aussi les principales situations d’urgence possibles, comme une pollution accidentelle, une fuite, un déversement ou un incident touchant le milieu naturel. Pour chaque situation, l’entreprise peut préciser les moyens d’alerte, les procédures d’intervention et les dispositions prévues pour limiter les conséquences.
Surveillance, suivi et reporting
Le SOPRE peut enfin présenter les contrôles internes prévus, la fréquence des vérifications, les points de contrôle, le traitement des écarts et les modalités de reporting environnemental. Cette partie montre comment l’entreprise compte suivre ses engagements et rendre compte des événements significatifs du chantier.
Exemple d’un SOPRE
Le tableau ci-dessous reprend les grandes rubriques que l’on peut retrouver dans un SOPRE de marché de travaux. Il ne remplace pas un document réel, mais il donne une structure simple et exploitable.
| Rubrique | Ce que le SOPRE précise | Exemples de contenu |
|---|---|---|
| Organisation pour la protection de l’environnement | L’organisation générale de l’entreprise, au siège et sur le chantier, ainsi que les responsabilités environnementales. | Responsable d’affaire, chargé d’environnement, organigramme, rôles et missions. |
| Moyens d’information et de sensibilisation | Les actions prévues pour informer les équipes, les sous-traitants et les prestataires. | Accueil environnement, affichage des consignes, quarts d’heure environnement, diffusion des procédures. |
| Mesures de protection envisagées | Les dispositions prévues pour limiter les impacts sur l’eau, l’air, le bruit, la biodiversité et les riverains. | Protection des zones sensibles, maîtrise des poussières, réduction du bruit, prévention des pollutions accidentelles. |
| Gestion des déchets | Les principes de tri, de stockage, de transport et de traçabilité des déchets du chantier. | Bennes identifiées, filières d’évacuation, registre de suivi, bordereaux de traçabilité. |
| Situations d’urgence | Les scénarios d’incident environnemental et les procédures à appliquer. | Fuite d’hydrocarbures, pollution des eaux, moyens d’alerte, kits antipollution, consignes d’intervention. |
| Surveillance et suivi | Les contrôles internes prévus pour vérifier la bonne application des mesures annoncées. | Visites de chantier, fiches d’écart, audits internes, points de contrôle, actions correctives. |
| Reporting | Les éléments transmis au maître d’œuvre ou au maître d’ouvrage pour suivre la performance environnementale du chantier. | Bilan mensuel, réclamations des tiers, résultats de contrôles, non-conformités, actions d’amélioration. |
En pratique, le SOPRE doit rester adapté au chantier concerné. Il ne s’agit pas de remplir un modèle figé, mais de proposer une organisation crédible, lisible et cohérente avec les enjeux environnementaux réels de l’opération.
Pour aller plus loin
Le guide d’harmonisation de la DAJ est une ressource utile pour comprendre les définitions du SOPRE, du PRE et du SOGED, ainsi que leur place dans les documents environnement d’un marché de travaux.
Le Cerema propose également un support synthétique sur le management de la qualité, le rôle des acteurs et les documents à fournir par l’entrepreneur. Cette lecture aide à situer le SOPRE dans l’ensemble des documents de préparation et de suivi du chantier.
Enfin, le CCAG Travaux sur Legifrance permet de replacer ces documents dans le cadre plus large des obligations environnementales d’exécution du marché, notamment pour le titulaire et ses sous-traitants.