Transition écologique

Réemployer les matériaux de tranchée : le retour d’expérience Cerema-Enedis

Publié le mardi 29 septembre 2026

À Andrézieux-Bouthéon, un chantier Enedis de 1 400 mètres de tranchée a réemployé plus de 60 % des matériaux excavés, selon le Cerema. Ce retour d’expérience, publié le 17 septembre 2026, montre comment préparer le choix des remblais, contrôler leur mise en œuvre et mesurer les effets du chantier.

Sept chantiers pour éprouver une méthode

Sur le territoire du Sillon rhodanien, le Cerema a suivi sept chantiers d’enfouissement de réseaux électriques. Selon les sites expérimentés, 35 à 91 % des matériaux excavés ont pu être réemployés. Cette fourchette décrit ces chantiers : elle ne constitue ni un objectif applicable partout ni une garantie pour une autre tranchée.

L’intérêt de la démarche est surtout opérationnel. Elle associe Enedis, les gestionnaires de voirie et les entreprises de travaux pour décider où le réemploi est techniquement possible et comment contrôler sa mise en œuvre.

Plusieurs tas de terres et de granulats excavés au bord d’une voie.
Des tas de matériaux excavés illustrent l’enjeu du tri sur un chantier de tranchée. Photo : Cerema, CC BY.

Décider du réemploi avant d’ouvrir la tranchée

La première étape consiste à connaître les matériaux qui seront extraits : contexte géologique, structure de la chaussée, sondages et, selon les cas, contrôle visuel ou essais de caractérisation. Les résultats sont confrontés aux exigences du projet et du gestionnaire de voirie. Ils servent à distinguer les matériaux réemployables tels quels, ceux qui nécessitent un traitement et ceux qui doivent suivre une autre filière.

Cette anticipation permet de prévoir les zones de tri et de stockage. Elle évite de mélanger des matériaux aux performances différentes et de découvrir trop tard qu’un réemploi envisagé ne convient pas à la partie de tranchée concernée.

Trier, remblayer, contrôler et tracer

Pendant les travaux, l’entreprise organise l’extraction et le stockage par catégories, vérifie les matériaux apportés, met en œuvre les remblais selon les prescriptions du chantier, puis contrôle notamment le compactage. Elle conserve la trace des volumes réemployés, des apports et des matériaux évacués. Si les matériaux du site ne conviennent pas, des matériaux recyclés peuvent être étudiés selon leur usage et les exigences applicables.

À la fin, un bilan matière et carbone permet d’apprécier les résultats du chantier et de partager les contrôles avec le gestionnaire de voirie. Le gain environnemental vient notamment de la réduction possible des extractions, des apports et des transports ; il doit être chiffré pour chaque opération.

À Andrézieux-Bouthéon, des usages selon les couches

Sur ce chantier d’environ 1 400 mètres, Enedis rapporte un taux de réemploi supérieur à 60 %. Les matériaux du site ont servi en partie inférieure du remblai ; les enrobés fraisés ont été placés en couche de réglage. L’enrobage et la partie supérieure du remblai ont reçu des matériaux recyclés. Cet exemple montre que le choix dépend de la fonction de chaque couche et des contrôles réalisés.

Ce retour d’expérience pose une question utile en formation : à quel endroit d’une tranchée un matériau excavé peut-il être remis en œuvre, et sur quelles preuves s’appuie la décision ? Pour travailler les bases techniques, consultez la ressource tpdemain sur le remblaiement des tranchées de réseaux secs. Le parcours Appliquer l’économie circulaire sur chantier replace ces choix dans une démarche de gestion des ressources.

À retenir : le réemploi se prépare avant les travaux, se vérifie pendant la mise en œuvre et se documente après le chantier. Les résultats du Cerema illustrent une méthode, pas une autorisation générale de remblayer avec tous les déblais.

Sources : Cerema, retour d’expérience 2026 ; Cerema, méthode de caractérisation et de réemploi des matériaux de tranchée.

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