Réemployer des matériaux : retour d’expérience
À Andrézieux-Bouthéon, un chantier d’effacement de lignes électriques de 1 400 mètres de tranchée a réemployé plus de 60 % des matériaux excavés. Ce retour d’expérience de septembre 2026, montre comment préparer le choix des remblais, contrôler leur mise en œuvre et mesurer les effets du chantier.
Sept chantiers pour éprouver une méthode
Sur le territoire du Sillon rhodanien, sept chantiers d’enfouissement de réseaux électriques ont fait l’objet d’un suivi technique. Selon les sites expérimentés, 35 à 91 % des matériaux excavés ont pu être réemployés. L’intérêt de la démarche est surtout opérationnel. Elle associe Le propriétaire de la ligne, les gestionnaires de voirie et les entreprises de travaux pour décider où le réemploi est techniquement possible et comment contrôler sa mise en œuvre.

Décider du réemploi avant d’ouvrir la tranchée
La première étape consiste à identifier les matériaux qui seront extraits : contexte géologique, structure de la chaussée, sondages et, selon les cas, contrôle visuel ou essais de caractérisation. Les résultats sont confrontés aux exigences du projet et du gestionnaire de voirie. Ils servent à distinguer les matériaux réemployables tels quels, ceux qui nécessitent un traitement et ceux qui doivent intégrer une autre filière de valorisation.
Cette anticipation permet de prévoir les zones de tri et de stockage. Elle évite ainsi le mélange de matériaux aux performances différentes, et offre la possibilité d’utiliser les matériaux en fonction des caractéristiques souhaitées selon la zone de tranchée à traiter.
Trier, remblayer, contrôler et tracer
Pendant les travaux, l’entreprise organise l’extraction et le stockage par catégories. Elle vérifie les matériaux apportés, met en œuvre les remblais selon les prescriptions du maitre d’œuvre, puis contrôle le compactage. Elle conserve la trace des volumes réemployés, des apports et des matériaux évacués. Si les matériaux du site ne conviennent pas, l’utilisation de matériaux recyclés peut être envisagée selon leur usage et les exigences applicables.
À la fin, un bilan matière et le bilan carbone associé, permettent d’apprécier les résultats obtenus et de partager les éléments de contrôle avec le gestionnaire de voirie. Le gain environnemental ainsi démontré pour chaque opération provient principalement de la réduction des extractions de matériaux neufs et des transports afférents.
À Andrézieux-Bouthéon, des usages selon les couches
Sur ce chantier d’environ 1 400 mètres, le maitre d’œuvre rapporte un taux de réemploi supérieur à 60 %. Les matériaux du site ont servi en partie inférieure du remblai ; les enrobés fraisés ont été placés en couche de réglage. L’enrobage et la partie supérieure du remblai ont mobilisé des matériaux recyclés. Cet exemple montre bien que le choix des matériaux dépend de la compatibilité mécanique de chacun avec les fonctions de couche de la structure.
Ce retour d’expérience pose une question utile en formation : à quel endroit d’une tranchée un matériau excavé peut-il être remis en œuvre, et sur quelles preuves s’appuie la décision ? Pour travailler les bases techniques, consultez la ressource tpdemain sur le remblaiement des tranchées de réseaux secs. Le parcours Appliquer l’économie circulaire sur chantier replace ces choix dans une démarche de gestion des ressources.