- L’augmentation prévisible du prix de l’eau constitue un enjeu majeur pour le secteur des TP.
- Pour y faire face, les entreprises doivent adopter une stratégie globale, combinant optimisation budgétaire, investissements stratégiques et transformation des pratiques.
- Un plan d’action progressif, allant de l’audit des consommations à la refonte des processus de construction, permet d’accompagner cette transition.

Dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur les ressources hydriques, les TP se trouvent confrontés à l’enjeu majeur de la gestion durable de l’eau. Les sécheresses, canicules et dômes de chaleur de plus en plus fréquents, combinés à une demande grandissante, laissent entrevoir une augmentation significative du prix de l’eau dans les années à venir. Cette évolution annoncée impose aux entreprises de repenser leurs pratiques et d’anticiper ces changements pour maintenir leur compétitivité.
Comprendre les enjeux
Le secteur des TP fait face à un défi majeur : l’augmentation inévitable du prix de l’eau dans les années à venir.
Cette évolution est déjà perceptible. Elle est directement liée aux effets du changement climatique, qui dans de nombreuses régions engendre des tensions croissantes sur la ressource, ce qui va significativement impacter les coûts d’exploitation des chantiers. Et pas seulement les coûts liés à la consommation d’eau, mais également les coûts connexes associés aux modifications de planning et aux interruptions de chantier en cas d’arrêté sècheresse.
Les entreprises doivent donc repenser leur relation à l’eau qui devient une ressource de chantier en tension comme le carburant, ou les matériaux.
Pour ce faire, le Plan de Sobriété Hydrique (PSH) est un outil stratégique déployable à l’échelle de l’entreprise. Il se révèle efficace pour évaluer et faire évoluer l’organisation interne, afin de faire face aux éventuelles restrictions d’usages.

Impacts économiques et adaptations nécessaires
L’augmentation des coûts directes et indirects liés à la raréfaction de l’eau va peser de plus en plus sur les marges des entreprises, et nécessiter une révision des modèles économiques.
Pour cela, les entreprises devront intégrer cette variable dans leurs études de prix, leurs indicateurs de suivi et leur comptabilité analytique.
Ces indicateurs pourront remonter des données mesurables en temps réel via des compteurs intelligents. Ces données capitalisées, permettront des analyses et des arbitrages pour mettre en place des mesures appropriées d’adaptation : chasse aux fuites, techniques frugales en eau, ressources alternatives. Les alternatives existent déjà.
La formation des équipes à la prise de conscience, aux éco-gestes associés à l’eau, et aux nouvelles techniques est également un levier à anticiper, car le changement de pratiques demande du temps.
Enfin des audits réguliers aideront à évaluer l’efficacité de ces mesures et permettront de démontrer l’engagement de l’entreprise sur le sujet. De nouveau marchés à forte valeur environnementale sont à la clé.
Ces actions complémentaires permettront de :
- répondre aux enjeux nationaux de sobriété hydrique du Plan eau, soit la réduction des consommations de 1% à l’horizon 2030,
- prendre en compte les enjeux de l’eau dans leur politique RSE.
- d’anticiper l’augmentation à venir du prix de l’eau
- d’anticiper les contraintes d’exploitation associées à la raréfaction de la ressource.
- Ministère de la Transition écologique et solidaire
- La fiscalité de l’eau à la loupe | Les agences de l’eau
- Observatoire des services publics de l’eau et de l’assainissement
- FNTP
- Études sur la gestion durable de l’eau dans les travaux publics (à venir)
- Plan de sobriété hydrique de la filière construction
Images : La gazette des communes, FNTP