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Réseaux humides

Anticiper l’augmentation du prix de l’eau

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A RETENIR
  • L’augmentation prévisible du prix de l’eau constitue un enjeu majeur pour le secteur des travaux publics, déjà confronté aux défis du changement climatique. Pour y faire face, les entreprises doivent adopter une stratégie globale, combinant optimisation budgétaire, investissements stratégiques et transformation des pratiques. 
  • Cette adaptation passe par un monitoring précis des consommations, la modernisation des équipements et le développement de solutions alternatives, comme la récupération des eaux pluviales ou le recyclage sur site. Un plan d’action progressif, allant de l’audit des consommations à la refonte des processus de construction, permet d’accompagner cette transition.

Dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur les ressources hydriques, le secteur des travaux publics se trouve confronté à un enjeu majeur : la gestion durable de l’eau. Les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, combinés à une demande grandissante, laissent présager une augmentation significative du prix de l’eau dans les années à venir. Cette évolution annoncée impose aux entreprises du secteur de repenser leurs pratiques et d’anticiper ces changements pour maintenir leur compétitivité.

Comprendre les enjeux 

Le secteur des travaux publics fait face à un défi majeur : l’augmentation inévitable du prix de l’eau dans les années à venir. Cette évolution déjà perceptible, liée aux tensions croissantes sur la ressource et aux effets du changement climatique, va impacter significativement les coûts d’exploitation des chantiers. Les entreprises doivent donc repenser leur approche pour maintenir leur compétitivité tout en s’adaptant à cette nouvelle donne économique.

Évolution du prix de l’eau en France entre 2009 et 2021 – Source : La gazette des communes

 

Le plan de sobriété hydrique (PSH) est un outil stratégique déployable à l’échelle des entreprises de TP qui se révèle efficace pour évaluer leur organisation interne et ainsi faire face aux restrictions d’usages en cas d’arrêté sécheresse (Fiche TP-Demain : Anticiper et s’adapter aux restrictions d’eau). Sa portée lui assure un caractère opérationnel direct et durable.

Impacts économiques et adaptations nécessaires

L’augmentation des coûts liés à l’eau va peser sur les marges des entreprises, nécessitant une révision des modèles économiques. Pour y faire face, les entreprises devront intégrer cette variable dans leurs études de prix et développer une comptabilité analytique plus précise de leurs consommations. La mise en place d’indicateurs de suivi contribuera également à mieux maîtriser ces coûts croissants.

Ces indicateurs de suivi devront se baser sur des données mesurables et vérifiables. Le déploiement de compteurs intelligents permettra d’assurer ce suivi, en mesurant les volumes prélevés et en surveillant les consommations faites via une transmission en temps réel des informations aux entreprises afin de les exploiter. Des audits réguliers aideront à évaluer l’efficacité de ces mesures et à garantir leur conformité avec les objectifs fixés par l’entreprise.

Investir pour l’avenir 

La modernisation des équipements et des méthodes devient une priorité stratégique pour réduire la dépendance à l’eau, de la même manière que le choix de techniques et équipements plus économes en eau représente un investissement crucial pour l’avenir. (Fiche TP-Demain : L’empreinte eau des métiers des travaux publics)

Les outils de digitalisation de la surveillance sont à privilégier afin d’optimiser la maintenance préventive renforcée des équipements et réseaux, mais aussi pour prévenir et réduire les fuites, ainsi que favoriser l’utilisation de matériel adapté et bien dimensionné.

L’installation de systèmes de récupération et/ou de recyclage, couplée à des solutions de stockage innovantes, comme la mise en place de récupérateurs d’eau de pluie pour les usages non potables tels que le nettoyage des outils ou l’alimentation des WC, permettra de limiter l’impact de la hausse des prix. Des solutions de recyclage des eaux usées pourront également être déployées dans le respect du cadre réglementaire en vigueur.

Pour aller plus loin : 

Transformer les pratiques 

La formation des équipes aux écogestes, l’optimisation des processus, le recours à des matériaux alternatifs, la planification des travaux en fonction des saisons, constituent autant de leviers essentiels de cette transition. Cette évolution indispensable passe également par une communication simple et fluide des pratiques en interne.

Pour aller plus loin: 

Plan d’action progressif 

Les entreprises investissant dès à présent dans une meilleure maîtrise des consommations d’eau par le biais de la formation de leur personnel permettront de répondre aux enjeux nationaux de sobriété hydrique du Plan eau, soit la réduction des consommations de 1 % à l’horizon 2030, mais aussi au besoin de prendre en compte les enjeux de l’eau dans leur politique RSE.

Les entreprises peuvent débuter cette démarche par un plan d’action, dont le point de départ est un audit détaillé de leurs consommations habituelles, avant de construire un plan de formation de son personnel dédié au sujet de l’eau sous toutes ses formes. À moyen terme, le plan d’action peut prévoir des investissements dans des équipements plus performants et le développement de partenariats innovants. Sur le long terme, une refonte complète des processus de construction et des investissements en R&D seront nécessaires pour s’adapter durablement.

Vigilance et opportunités 

Cette transition requiert une surveillance constante des évolutions réglementaires (Fiche TP-Demain : La réglementation applicable aux eaux non conventionnelles) et des innovations technologiques. Elle représente aussi une opportunité de différenciation commerciale et d’accès à des subventions pour la modernisation des équipements

Les entreprises qui sauront anticiper ces changements pourront valoriser leur démarche environnementale auprès de leurs clients, développer de nouvelles expertises Fiche TP-Demain : Valoriser les économies d’eau proposées dans un mémoire technique) et davantage satisfaire à l’augmentation des exigences environnementales de la commande publique, qui représente aujourd’hui 60 % du chiffre d’affaires de la profession (source FNTP). 

 

Conclusion 

L’augmentation du prix de l’eau, bien que contraignante, peut devenir un catalyseur de modernisation pour le secteur des travaux publics. Les entreprises capables d’anticiper cette évolution en adoptant une approche proactive et innovante seront les mieux positionnées pour réussir cette transition nécessaire : elles présenteront un avantage concurrentiel certain au sein des acteurs de la filière BTP à moyen et long terme.

Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Géraud Bournet Yannis Hagel

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