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RESEAUX HUMIDES
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Les besoins en eau des chantiers de TP

Résumé
  • La construction et la maintenance des infrastructures nécessite d’importants volumes d’eau pour la production de matériaux et l’exécution technique.
  • L’arrosage des sols, le rabattage des poussières, le lavage des engins ainsi que la mise en œuvre des bétons sont des postes de consommation importants.
  • Mieux comprendre les besoins en eau sur tout le cycle de vie des infrastructures permet d’anticiper l’impact des projets sur les ressources locales et de planifier une gestion adaptée.
Sujet transition écologique

La construction et l’entretien des infrastructures publiques nécessite d’importants volumes d’eau pour différentes opérations: de l’extraction des matériaux aux opérations d’entretien. Ces besoins en eau on un impact direct sur la disponibilité de la ressource, en particulier pour les projets situés dans des régions impactées par les restrictions d’eau liées au changement climatique. Comprendre les besoins en eau des travaux est nécessaire pour anticiper et gérer au mieux la disponibilité de la ressource.

Postes de consommation d’eau des chantiers TP

La consommation d’eau des chantiers est à répartir entre :

  • Production de matériaux,
  • Préparation du site et terrassements,
  • Opérations de construction et essais associés,
  • Entretien des infrastructures.

Chacun de ces postes consomme des quantités d’eau variables, qui diffèrent selon les matériaux choisis, les processus employés et des particularités du chantier.

Production des matériaux

Les productions de matériaux tels que : graves, béton, enrobés ou acier, sont des postes majeurs de consommation d’eau. Ces matériaux sont produits en centrale ou en usine et livrés prêts à l’emploi sur les chantiers. La chaine de production et de transport représentent des consommations d’eau indirectes, qui sont néanmoins à comptabiliser dans l’empreinte eau (EE) du chantier.

  • Béton : EE =  200 L /m3 sont nécessaires pour le mélange et la cure du béton. L’eau est nécessaire à la réaction chimique de prise du ciment pour assurer l’agrégation de tous les constituants du béton.

  • Asphalte : EE = 50 L / T. Cette eau est principalement utilisée pour le refroidissement des matériaux et la préparation des granulats. Une fois appliqué, l’asphalte doit être maintenu à une température adéquate pour assurer son adhérence. L’eau est alors utilisée en phase d’application pour limiter son échauffement.
  • Acier : EE = 20 000 L / T. cette eau est nécessaires pour la production, les traitements thermiques et le refroidissement des produits sidérurgiques. L’acier étant un matériau de construction couramment utilisé, on le retrouve en VRD comme en Génie civil dans les ferraillages des béton.

Préparation du site et terrassement

Les travaux de terrassement préparatoires à la construction peuvent demander d’importantes quantités d’eau en particulier lors de traitement à la chaux des plateformes, de recherche d’Optimum Proctor, de rabattage de poussière ou de nettoyage des engins.

  • Arrosage des sol : en fonction de la taille du site, des conditions climatiques, et de la situation du chantier (zone urbaines), l’arrosage des sols peut être requis pour réduire les poussières et assurer un compactage optimal des matériaux.
  • Lavage des engins : environ 10 litres d’eau par mètre carré sont utilisés pour le lavage des ouvrages, des équipements, des engins et les structures temporaires. Ce nettoyage permet de maintenir le chantier en sécurité.

Opérations de construction et essais associés

  • Mise en œuvre des béton : en plus de l’eau utilisée pour sa production, le béton peut demander selon la saison un arrosage post-coulage (cure) pour éviter un séchage trop rapide. Cette technique permet de prévenir les fissures et d’assurer la solidité finale. Par ailleurs, certaines techniques inhérentes au rendu final nécessitent une consommation plus importante d’eau, comme le béton désactivé.
  • Pulvérisation et aspersion : sur les chantiers, l’aspersion d’eau est couramment employée pour maîtriser les poussières générées lors des travaux de démolition et de terrassement, et lors du stockage de granulats. La quantité d’eau utilisée varie en fonction de la nature du sol, du type de tâche et des conditions météorologiques, mais elle reste essentielle pour éviter l’inconfort des opérateurs et garantir la sécurité des riverains.
  • Hygiène des personnel : Sur chantier garantir l’hygiène et l’hydratation des opérateurs est une priorité. Chaque employeur a l’obligation de fournir au moins 3 litres d’eau potable par jour à chaque personne présente sur le site. En plus de l’eau potable nécessaire à une correcte hydratation, des installations sanitaires comprenant toilettes, lavabo et éventuellement des douches, doivent être disponibles pour répondre aux besoins d’hygiène de base. En moyenne ce sont 50 L/j/personne qui sont consommés pour les besoins d’hygiène.
  • Essais d’étanchéité : En fin de chantier, des essais d’étanchéité sur les canalisations posées ou les bassins de rétention, nécessitent une quantité significative d’eau. Ces essais indispensables pour vérifier l’absence de fuites dans les ouvrages peuvent consommer plusieurs milliers de litres d’eau, en fonction de la taille et de la complexité des structures testées. Ils sont souvent réalisés à l’eau potable. Cette eau non polluée est ensuite rejetée dans le milieu naturel à la fin de l’essai.

Entretien des infrastructures

Une fois la construction terminée, l’entretien des infrastructure nécessite également de l’eau, bien que dans des volumes moindres. Cet entretien comprend le nettoyage et parfois la réparation des structures :

  • Nettoyage : environ 100 litres d’eau par mètre carré sont utilisés pour nettoyer les surfaces de manière à maintenir la qualité visuelle et fonctionnelle de l’infrastructure.
  • Lavage :  réalisé avant les interventions de réparation, il permet de supprimer poussières, biofilms et les mousses qui recouvrent les ouvrages, en particulier dans les zones soumises à des conditions climatiques extrêmes.

Impact de la consommation d’eau sur la ressource

Les besoins en eau de certains projets peuvent avoir un impact significatif sur les ressources hydriques locales, surtout dans les régions habituées aux arrêtes sècheresse. Il est essentiel, pour les maitres d’ouvrages, d’apprécier le plus en amont ces besoins en eau, de façon à adapter le projet, à planifier les volumes requis et à mettre en place une gestion préventive qui soit compatible avec les volumes disponibles.

Image(s)EGLEFOR, Figure de la composition du béton

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Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Yannis Hagel Laure Amrani Charles AIVAR
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