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Réseaux humides

Gestion des eaux pluviales sur chantier – Nomenclature Eau

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A RETENIR
  • Les chantiers modifient les écoulements des eaux pluviales et peuvent polluer les milieux aquatiques sensibles, nécessitant des déclarations ou autorisations préalables pour protéger ces milieux.
  • Certaines rubriques concernent les rejets d’eaux pluviales dans les eaux superficielles ou le sol pour des projets de plus de 1 hectare, avec l’importance des dispositifs de prétraitement pour éviter la pollution.
  • D’autres rubriques s’appliquent aux travaux dans le lit majeur d’un cours d’eau ou une zone humide, soumis à des réglementations spécifiques.

Introduction

Les chantiers modifient les conditions écoulements des eaux pluviales et peuvent entrainer des polluants lors de l’essuyage des sols (terres, hydrocarbures, ciment, etc.) qui risquent de perturber les milieux aquatiques. Ils peuvent avoir lieu en zones sensibles (comme les lits majeurs de cours d’eau ou les zones humides), et ainsi altérer l’équilibre écologique local. La Nomenclature Eau impose des déclarations ou des autorisations au titre de la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (LEMA) avant d’entreprendre ces travaux pour protéger les milieux naturels et environnants.

 

Les rubriques de la Nomenclature Eau concernées peuvent être :

 Rubrique 2.1.5.0 – Rejet d’eaux pluviales dans les eaux superficielles

Cette rubrique concerne les rejets d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles (rivières, fossés, etc.), ou sur le sol (épandage,) ou dans le sous-sol (infiltration, …), dont la surface totale du projet, augmentée de la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, est supérieur à 1 hectare

Figure extraite du guide CEREMA- principes généraux de gestion des eaux pluviales – Décembre 2014

Si les eaux pluviales sont directement rejetées dans un milieu aquatique, cela peut nécessiter une déclaration ou une autorisation en fonction de la taille de la surface imperméabilisée et du risque de pollution. Il est important de prévoir des dispositifs de prétraitement des eaux pluviales, comme des espaces de décantation ou des séparateurs d’hydrocarbures, pour éviter toute pollution du milieu naturel récepteur.

 

 Rubrique 3.3.1.0 – Travaux dans le lit majeur d’un cours d’eau ou dans une zone humide

Les travaux effectués dans le lit majeur d’un cours d’eau sont soumis à la rubrique 3.3.1.0. : « Installations, ouvrages, remblais dans le lit majeur d’un cours d’eau. ».

Le lit majeur désigne la zone inondable naturelle d’un cours d’eau. 

Si les travaux sont effectués dans ces zones sensibles, ils doivent être déclarés ou, dans certains cas, autorisés par la préfecture car certaines opérations de terrassement peuvent être encadrés voire interdite telle que le stockage de matériaux même provisoirement. Cela est particulièrement important si les travaux peuvent modifier le régime hydraulique, comme en cas de terrains remblayés, de modification du lit d’un cours d’eau, ou d’aménagements qui affectent les écosystèmes aquatiques locaux.

 

Rubrique 3.2.2.0 – Travaux affectant directement une zone humide

La rubrique 3.2.2.0 s’applique spécifiquement aux travaux qui affectent directement ou indirectement une zone humide. Une zone humide peut être un marais, une tourbière ou tout autre espace où l’eau reste longtemps en surface. Cela inclut des travaux qui pourraient détruire une zone humide ou altérer son fonctionnement, en modifiant son régime hydrologique ou sa capacité à filtrer l’eau. Ces modifications peuvent être dues à des terrains remblayés, à l’assèchement de certaines zones ou à des changements dans les écoulements d’eau.

Si le chantier entraîne une altération importante de la zone humide, il est nécessaire d’obtenir une autorisation préalable. Dans certains cas, un impact modéré peut simplement exiger une déclaration présentant les actions prévues pour préserver, restaurer les milieux humides impactés.

 

Quelles conséquences pour le chantier ?

Si le chantier est situé dans une zone sensible (lit majeur d’un cours d’eau ou zone humide), plusieurs rubriques de la Nomenclature Eau peuvent être activées. La plus contraignante impose la procédure administrative à suivre : déclaration ou autorisation.

Les entreprises de travaux publics sont donc directement concernées par ces rubriques, car elles exécutent les travaux et donc modifient les écosystèmes aquatiques. À ce titre, elles doivent appliquées les obligations réglementaires liées à la nomenclature eau à savoir :

  • Identifier le cadre réglementaire imposé dans le DCE (Dossier de Consultation des entreprises) et l’analyser pour une prise en compte réel sur le chantier par l’ensemble des équipes,
  • Identifier les zones sensibles occultés (cours d’eau, zones humides, littoraux),
  • Mettre en œuvre les modes opératoires définis au dossier Loi sur l’Eau selon le principe « Eviter – Réduire – Compenser »,
  • Prévoir un « Porter-à-connaissance » du dossier Loi sur l’Eau si des adaptations des modes opératoires devaient être apportées ou encore de nouvelles rubriques enclenchées,
  • Mettre en place des mesures de gestion des eaux pluviales et de protection des milieux sensibles (bassins de rétention, séparateurs d’hydrocarbures, etc.) comme prévu au dossier loi et/ou son « Porter-à-Connaissance » à savoir : 
  • Limiter l’imperméabilisation des sols pour favoriser l’infiltration de l’eau.
  • Mettre en place des dispositifs de gestion des eaux pluviales, tels que des bassins de décantation ou des noues végétalisées, pour filtrer les eaux avant qu’elles n’atteignent les milieux aquatiques.
  • Protéger les zones humides proches en installant des clôtures ou des signalisations pour éviter toute perturbation accidentelle.

 

Dans le but de simplifier la prise en compte de la réglementation environnementale dans les projets d’aménagement et de construction, l’état a développé « EnvErgo », un service public gratuit destiné aux acteurs de l’aménagement et de la construction. Il permet de planifier vos études et procédures en ne manquant aucune obligation légale en toute anonymat.

 

Selon le lieu du chantier et de ses caractéristiques, les démarches administratives se font auprès des services :

  • DDT(M) (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) : pour le dépôt des déclarations ou demandes d’autorisation.
  • DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) : pour les zones protégées ou sensibles.
  • Services locaux de police de l’eau et/ou service GEMAPI des collectivités pour des informations spécifiques sur les zones humides et les risques d’inondation.

 

Le non-respect de la réglementation peut entraîner des conséquences graves, notamment :

  • Suspension du chantier ou mise en demeure par la préfecture.
  • Amendes administratives pouvant atteindre jusqu’à 75 000 €, voire des poursuites pénales.
  • Obligation de remise en état des milieux aquatiques ou des zones humides altérées.

 

Conclusion

En somme, il est essentiel pour les acteurs de l’aménagement et de la construction de respecter scrupuleusement les réglementations environnementales afin de préserver les zones humides et de minimiser les risques écologiques. L’utilisation de « EnvErgo » facilite la planification et le respect de ces obligations légales, tout en offrant une garantie d’anonymat. En mettant en place une veille environnementale efficaces et en suivant les procédures administratives adéquates, vous pouvez contribuer à la protection de nos précieuses ressources naturelles tout en évitant des sanctions sévères et coûteuses.

Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Yannis Hagel
recommandé par tpdemain
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