Comprendre les îlots de chaleur urbains et les trois leviers d’aménagement : revêtements, gestion de l’eau et végétalisation. Le choix des solutions repose sur un diagnostic local et une évaluation du confort des usagers.
Les îlots de chaleur urbains désignent un écart de température entre la ville et ses alentours moins urbanisés. Pour les acteurs des Travaux Publics, réduire cette surchauffe suppose de penser ensemble les revêtements, l’eau et la végétation.
Pourquoi la ville reste-t-elle plus chaude ?
La forme des rues, les bâtiments, les matériaux, la place laissée aux sols végétalisés et les activités humaines influencent le climat urbain. L’îlot de chaleur se manifeste particulièrement par un refroidissement nocturne limité : la ville garde davantage de chaleur lorsque les espaces environnants se rafraîchissent.
En journée, le confort d’un piéton dépend aussi du rayonnement solaire, de l’ombre, du vent et de l’humidité. Température de surface, température de l’air et ressenti thermique ne sont donc pas équivalents. Cette distinction aide à évaluer correctement un aménagement.
Trois leviers pour limiter les îlots de chaleur urbains

Les revêtements : réfléchir davantage de rayonnement
Les solutions dites « grises » agissent notamment sur les matériaux. L’albédo correspond à la part du rayonnement solaire réfléchie par une surface. Un revêtement clair peut en réfléchir davantage et limiter l’énergie absorbée. Le choix du matériau doit toutefois s’inscrire dans une réflexion à l’échelle de l’espace public.
L’eau : préserver son rôle dans la ville
Les solutions « bleues » réintègrent le cycle de l’eau dans l’aménagement. Les revêtements perméables contribuent à cette démarche. L’infiltration des pluies et la place donnée à l’eau peuvent être associées aux espaces végétalisés, selon les possibilités du site.
La végétation : apporter de l’ombre et de la fraîcheur
Les solutions « vertes » reposent sur la végétalisation. Les arbres créent de l’ombre. L’évapotranspiration, qui associe l’évaporation de l’eau et la transpiration des plantes, participe également au rafraîchissement. Son efficacité dépend notamment de l’eau disponible, de la qualité du sol et du choix des essences.
Choisir les solutions à partir d’un diagnostic
L’ADEME recommande de partir des conditions locales et des besoins des usagers. Un diagnostic permet de repérer les secteurs exposés, puis de comparer les scénarios. Une végétalisation mal adaptée ou privée d’eau perd une partie de son intérêt.
Pour préparer un projet, trois questions structurent la réflexion :
- Quels espaces et quels usages souffrent le plus de la chaleur ?
- Comment combiner les matériaux, l’eau et les plantations dans ces espaces ?
- Quels indicateurs permettront de vérifier le résultat après les travaux ?
Les mesures peuvent porter sur l’air, les surfaces et le confort ressenti. Elles permettent de distinguer un effet local d’une amélioration à l’échelle du quartier.
ISSU : mieux évaluer les solutions de rafraîchissement
Routes de France participe au Projet National ISSU, consacré aux innovations et solutions contre la surchauffe urbaine. Prévu sur la période 2024–2028, ce programme réunit des acteurs publics et privés. Il travaille sur des méthodes de comparaison et sur le passage des essais en laboratoire aux démonstrateurs urbains.
L’enjeu est de mieux comprendre les performances en situation réelle et leurs interactions avec l’environnement urbain, plutôt que de considérer chaque matériau ou équipement isolément.
Sources et approfondissements
Rédaction : tpdemain, à partir de Routes de France, avec des compléments de l’ADEME et du Projet National ISSU. Schéma original : tpdemain — Licence : CC BY.