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RESEAUX HUMIDES
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Prise en compte de l’impact des chantiers de TP sur les milieux naturels

Résumé
  • Les chantiers de TP doivent prendre en compte l’impact qu’ils ont sur l’environnement.
  • Un chantier mal mené peut engendrer une pollution des sols, des zones humides voisines et accélérer la prolifération d’espèces exotiques envahissantes.

 

Sujet transition écologique

La réalisation d’un ouvrage, où qu’il soit, n’est pas sans impact sur les milieux naturels voisins, en particulier en zone de nature. Mais pour chaque impact identifié, des solutions existent qui doit être prévues dans l’appel d’offre, prises en compte en phase de préparation du chantier, et mises en œuvre par les équipes sur le terrain. Ces solutions visent à Eviter toutes les nuisances possibles, Réduire les nuisances inévitables et Compenser les effets des derniers impacts qui restent. C’est ce que l’on appelle la séquence ERC.

Activités de chantier et préservation de l’environnement

Les travaux publics, sont indispensables pour assurer la construction et la maintenance des infrastructures qui facilitent notre quotidien : Les routes, les réseaux de canalisation, les ponts…

Ces infrastructures aujourd’hui fond partie de nos paysages. Elles ne sont pas inertes, et ont un impact sur les trames vertes et bleues, comme sur tout le vivant. Même si les entreprises de Travaux Publics ne décident pas des ouvrages qu’elles construisent, cette décisions étant de la responsabilité des pouvoirs publics, elles ont entre leurs mains la façon de réaliser les chantiers de construction, et ceux-ci ont sur l’environnement des effets qu’il convient de bien connaitre pour mettre en place les bonnes pratiques de prevention.

Minimiser l’impact sur les sols

Il n’y a pas de chantier de travaux publics sans engins de travaux publics. Ces engins sont lourds. Leur passage répété au même endroit agit sur la compacité du sol et en modifie la structure par tassement. Cela peut être un choix, car à certains endroits la portance du sol doit être améliorée pour supporter le poids de l’ouvrage à construire. Mais à d’autres endroits, en particulier les endroits destinés à être revégétalisés, cela peut être un problème. Le tassement excessif des endroits restitués au vivant réduit la porosité du sol, donc leur capacité à infiltrer et retenir l’eau. Sans eau, la vie du sol ne peuvent pas se développer. Ce qui a une conséquence directe sur l’activité des micro organismes qui produisent les nutriments nécessaires à la croissance des plantes. La bonne pratique est simple : « On circule là où on construit, on ne circule pas là où on revégétalise. »

Les sols sont également susceptibles d’être impactés par des pollutions accidentelles. En effet, la réalisation des travaux nécessite d’utiliser des carburants, des produits chimiques comme les désactivants ou les produits de cure. La mise en œuvre de béton utilise des huiles de coffrage et produit des laitances. L’application d’enrobés ou d’enduits superficiels utilise des résidus pétroliers lourds. Il est donc important d’avoir une bonne connaissance des produits utilisés, et de leur impact sur l’environnement en cas de relargage accidentel. Deux dispositifs simples peuvent être mis en œuvre : les kits anti pollution (que vous devez toujours avoir à porté de main), et les bac de rétention pour le stockage des produits dangereux.         

Limiter les rejets atmosphériques

Les activités de construction, par nature produisent directement des rejets atmosphériques, essentiellement sous forme de Gaz à effet de serre et de poussières. Ces rejets sont inévitables. Par contre, ils peuvent être limités ou gérés grâce à la mise en place de dispositifs de prévention, ou de solutions technologiques. Les gaz à serre émis à l’échappement des engins ou des matériels thermiques peuvent être supprimés en passant à des motorisations électriques, ou minimisés en appliquant les pratiques d’éco conduite. Les poussières peuvent être rabattues grâce à un arrosage régulier des pistes, ou à l’utilisation de canon brumisateurs sur les zones d’émissions comme les postes de concassage des matériaux.   

Prendre en compte les milieux aquatiques de proximité

Après de fortes pluies, les eaux de ruissellement, peuvent lessiver les sols laissés nus et charrier vers les cours d’eau, particules fines, résidus de laitance et polluants de surface. Ces rejets accidentels peuvent entraîner des perturbations :

  • hydrologiques (modification des pentes, débits et circulations des cours d’eau)
  • géomorphologiques (transport des sédiments, connexion avec les milieux aquatiques annexes)
  • biologiques (altération et destruction d’habitats ou d’écosystèmes).

Il est donc important de mettre en place les dispositifs barrière pour récupérer ces eaux avant rejet dans le milieu naturel, et permettre leur décantation et/ou leur traitement. Une bonne gestion des pentes de la zone de travaux et la mise en place de bassins provisoires de décantation, ou de dispositifs de filtration, peuvent facilement solutionner ce risque; mais il faut l’anticiper, et intégrer la construction et la maintenance du dispositif dans le planning des travaux.

Prendre en compte la présence de la biodiversité

Faune et flore peuvent également être gênées par les activités de chantier, comme c’est le cas de toutes les activités humaines en contact avec un écosystème. Les deux risques majeurs à prendre en compte sont la prolifération des espèces exotiques envahissantes, et en particulier les espèces végétales que les phases de terrassement peuvent réactiver par suppression de la dormance des graines; et la pénétration sur la zone chantier d’animaux (batraciens) qui peuvent nicher dans les ornières et les recoins du chantier, et voir ainsi leur cycle de reproduction perturbé.

 

Image(s) :  EGLEFOR – Photo générée par IA

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Ont contribué à l’article :
Géraud Bournet Yannis Hagel Charles AIVAR Laure Amrani
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