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RESEAUX HUMIDES
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Intégrer les économies d’eau dans la conception et la réalisation d’un ouvrage

Résumé
  • Il est indispensable de prendre en compte les économies d’eau dans les projets d’ouvrages, dès les phase de conception et d’études d’exécution, pour réduire l’impact des chantiers sur la ressource et l’environnement.
  • Les stratégies d’économies d’eau sur chantier combinent matériaux économes en eau, dispositifs d’économie d’eau et réutilisation d’eau sur site.
  • Pour optimiser la gestion de l’eau tout au long du projet il faut agir sur l’organisation du chantier, une planification adaptée, un suivi rigoureux des consommation et partager les retours d’expérience.
Sujet transition écologique

L’eau est une ressource indispensable à la vie des écosystèmes et aux activités humaines. Le dérèglement climatique provoque des fluctuations météorologiques qui perturbent le grand cycle de l’eau, la recharge des nappes phréatiques, et les besoins hydriques des cultures. Ajoutons à cela les pressions exercées sur la ressource en eau par les industries et les besoins des populations, et nous arrivons à un point critique entre demande et eau disponible dans le milieu naturel. Dans le cadre des chantiers TP, il est donc nécessaire d’intégrer la notion d’empreinte hydrique dès la conception des projets, et de préparer l’exécution des travaux en tenant compte d’un volet économie d’eau, afin de n’être pas bloqué lorsque cette dernière viendra à manquer.

Réduction des pertes

Réduire les pertes d’eau lors de l’exécution des travaux est indispensable pour limiter l’impact d’un projet sur la ressource. Certaines pertes, en particulier lors de travaux en zone urbaine, peuvent provenir de dommages sur des réseaux AEP non repérés. La prise en compte des réseaux présents sur la zone d’emprise est un préalable à toute intervention. Le respect de la règlementation DT/DICT, une bonne communication avec les concessionnaires, et un maintient du piquetage tout au long du chantier permettent de facilement s’affranchir de ce risque.

Pour les projets de construction ou de rénovation de réseaux d’eau, il est important de concevoir des infrastructures en choisissant une architecture adaptée, des matériaux et des raccords de qualité suffisante pour limiter le risque de fuites futures. La conception du réseau d’eau doit inclure une sectorisation, qui divise le réseau en boucles pour faciliter le contrôle et l’identification des zones de pertes au moyen de compteurs de sectorisation. La régulation de la pression dans le réseau est également un paramètre à considérer. Une pression adaptée permet d’éviter fuites et ruptures de canalisation dues à des surpressions. Des organes de protection de type régulateurs de pression ou ventouses doivent être prévus lors de la conception du réseau.

Matériaux économes en eau

L’utilisation de matériaux économes en eau ou de systèmes constructifs limitant la consommation d’eau (préfabrication hors site par exemple) constitue une autre piste pour réduire l’empreinte eau du chantier, tout en respectant les règles de l’art.

Les matériaux alternatifs comme les granulats de béton recyclé, requièrent moins d’eau dans leur production qu’un granulat issu de carrière. Les géosynthétiques renforcés permettent également de réduire les épaisseurs de couches de structures. Cumulées sur les différents postes, ses économies peuvent avoir un impact significatif sur l’empreinte eau de l’ouvrage.

Pour proposer les matériaux appropriés à vos donneurs d’ordre, il faut entretenir de bonnes relations avec vos fournisseurs, rester en veille sur l’évolutions technologiques des matériaux et intégrer leur empreinte eau dans vos critères d’achats.

Dispositifs d’économie d’eau

Lors de la phase d’exécution, certains dispositifs simples peuvent contribuer à économiser l’eau :

  • Systèmes de récupération et de stockage des eaux de toitures.
  • Traitement et réutilisation des eaux usées.
  • Robinetteries à faible débit.
  • Système intelligents d’irrigation.
  • Systèmes de gestion intelligente de l’eau.
  • Inspection régulière des systèmes d’alimentation en phase chantier.

Ces eaux non potables, sont suffisantes pour les opérations de lavage, de gestion des poussières, d’arrosage des sols ou des espaces verts.

De manière générale, en phase de conception, une réflexion sur la gestion des flux d’eau et la réalisation d’un bilan des flux hydriques est indispensables. Cela concerne tout autant le prélèvement d’eau, que le traitement et le rejet des effluents. La qualité de l’eau nécessaire pour chaque usage doit être déterminée en amont pour intégrer, si possible, la « réutilisation » dès la phase de conception.

Importance du suivi et du retour d’expérience

Intégrer une démarche de sobriété hydrique sur les chantier demande du temps, au même titre que n’importe quel processus d’amélioration continu. Le suivi des données de consommation, les retours d’expérience, la sensibilisation et la formation des opérateurs, ainsi que la communication interne et externe sont des leviers qui, avec le temps, permettrons de réduire la dépendance du chantier vis à vis de la ressource en eau.

Image(s)EGLEFOR

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Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Yannis Hagel Charles AIVAR
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