- En fonction de leur nature, les effluents générés sur les chantiers peuvent être traités sur place avant rejet ou collectés et triés pour être évacués dans les filières adaptées.
- Le règlement d’assainissement définit les possibilités et les modalités de rejet au sein des réseaux de collecte. Le rejet dans le milieu naturel doit respecter la réglementation mise en place par l’État. La gestion des effluents ne pouvant être rejetés relève de la réglementation applicable aux déchets de chantier.
- Les différents types d’effluents pouvant être générés sur un chantier sont présentés dans la fiche TP-Demain : « Les effluents de chantier ».
La gestion des effluents de chantier
Une bonne organisation du chantier permet de collecter séparément les effluents en fonction de leur niveau de pollution, des nécessités de traitement et des possibilités de rejet :
- Eaux pluviales non souillées,
- Eaux pluviales souillées,
- Eaux de rabattement de nappe,
- Eaux de fouille,
- Eaux de lavage,
- Laitances de béton,
- Eaux usées des bases de vie.
Une fois collectés et triés, ces effluents pourront être dirigés vers le bon traitement ou exutoire.
Tout effluent ou sous-produit de traitement ne pouvant être rejeté est considéré comme déchet et relève de la réglementation spécifique à la gestion des déchets.
Une organisation de chantier adaptée à la collecte et au tri
Les risques de pollution des sols et des milieux aquatiques s’anticipent en prenant en compte :
- La topographie du chantier pour une bonne gestion des eaux de ruissellement souillées
- Une gestion différenciée des eaux de rabattement de nappe et des eaux de fouille
- La proximité de la zone de travaux et des aires de stockage et de confinement des produits dangereux et matériaux avec les fossés collecteurs, les merlons, les bassins de décantation et les milieux aquatiques (cours d’eau et zones humides)
- Les bouches d’égouts, avaloirs et regards des réseaux de collecte
- La météorologie : intégrer autant que possible dans le phasage des travaux les risques pluviométriques et de vents violents pour éviter les submersions, lessivages ou envols de poussières toxiques
Protéger les réseaux de collecte et les systèmes d’assainissement
Les bouches d’égout, avaloirs et regards doivent être protégés en amont du démarrage du chantier afin de prévenir tout rejet préjudiciable au bon fonctionnement des systèmes d’assainissement. Il est impératif de dévier, décanter ou piéger les sédiments grossiers pour éviter tout colmatage des réseaux d’eaux pluviales ou d’assainissement :
- Les laitances de béton sont chargées en MES : il convient de mettre en place un dispositif de décantation afin de capter les MES.
- Les eaux de ruissellement sont collectées et a minima dirigées vers un bac décanteur séparateur d’hydrocarbures positionné en amont des points d’entrée des réseaux.
La protection des bouches d’égout, avaloirs ou regards s’inscrit dans l’approche multi-barrière présentée ici.
Collecte et rejet au réseau d’eaux usées
Effluents concernés :
- Eaux de nettoyage et de désinfection des canalisations,
- Eaux issues du traitement des laitances de béton,
- Eaux de lavage après prétraitement,
- Eaux usées des bases de vie,
- Eaux de pompage en dernier recours si aucune autre possibilité.
Le règlement d’assainissement définit les prescriptions relatives au rejet des effluents non domestiques au sein des réseaux d’eaux usées (débits et concentrations maximales admissibles, fréquence et nature des contrôles, redevance, etc). Tout déversement doit être préalablement autorisé par la collectivité gestionnaire des réseaux de collecte. Les eaux d’exhaure sont considérées comme des eaux usées non domestiques.
Tout rejet direct de substances dangereuses est à proscrire.
Les eaux issues du lavage des goulottes des toupies béton (et non des toupies elles-mêmes) et autres matériels, outils et engins sont autant que possible recyclées.

En cas d’impossibilité de raccordement au réseau d’eaux usées local ou de traitement sur site, les eaux usées des bases de vie seront stockées dans un réservoir étanche, puis dépotées en station d’épuration.
Collecte et rejet au réseau d’eau pluvial ou au milieu naturel
Effluents concernés :
- Eaux pluviales non souillées,
- Eaux pluviales souillées après prétraitement,
- Eaux de rabattement de nappe,
- Eaux de fouille
Le zonage du chantier doit permettre de limiter les volumes de sédiments et d’eaux de ruissellement à traiter et de collecter séparément les eaux pluviales non souillées – pouvant être directement infiltrées sur site – et souillées – nécessitant un prétraitement avant infiltration ou rejet.
Rejet aux réseaux d’eaux pluviales séparatifs ou unitaires :
Le règlement d’assainissement définit les prescriptions relatives au rejet des effluents non domestiques au sein des réseaux (débits et concentrations maximales admissibles, fréquence et nature des contrôles, prétraitement, redevance, etc).
Rejet au milieu naturel :
Les valeurs limites de rejet doivent respecter les prescriptions de l’arrêté du 25 janvier 2010 sur le bon état chimique des milieux aquatiques. Les seuils administratifs de déclaration et d’autorisation sont définis dans la nomenclature « eau » – Rejets.
Les effluents considérés comme des déchets
Les effluents suivants sont considérés comme des déchets car ils contiennent des substances toxiques ou nocives pour la santé et/ou pour les milieux naturels. Leur collecte, tri, traitement, stockage ultime ne peuvent se faire que dans des installations spécialisées :
- Huiles usagées et lubrifiants,
- Produits et réactifs dangereux : solvants, détergents, tensioactifs, biocides,
- Boues et surnageants des débourbeurs séparateurs d’hydrocarbures,
- Boues des bassins de décantation des laitances de béton.
Laitances de béton : si aucun traitement ne peut être mis en œuvre sur le site, elles sont collectées et stockées dans des réservoirs, puis évacuées en décharge de classe 3.
Tout fluide toxique usagé (huiles moteur, lubrifiants, solvants…) est stocké sur site dans des réservoirs étanches, puis évacué dans une filière adaptée.
Les résidus liquides issus des bassins de décantation, débourbeurs, dessableurs, déshuileurs et séparateurs d’hydrocarbures sont dirigés et stockés sur site dans des réservoirs dédiés, puis évacués en filière adaptée.
Toute terre souillée lors d’une fuite accidentelle est considérée et traitée comme un déchet en respectant la réglementation en vigueur et les procédures de collecte, de gestion et d’élimination des déchets dangereux.

La gestion des déchets liés aux effluents : cadre réglementaire
L’Arrêté du 15 février 2016 relatif aux installations de stockage des déchets non dangereux définit les procédures spécifiques pour le stockage, la gestion et l’élimination des déchets et effluents générés lors des travaux de construction. Il impose des exigences sur le traitement des eaux de lavage et des eaux pluviales contaminées par des produits chimiques (huiles, peintures, etc.) sur les chantiers.
Le plan départemental de gestion des déchets du BTP précise les modalités de gestion des déchets internes, dangereux et non dangereux.
Le schéma d’organisation et de gestion des déchets (SOGED) décrit l’organisation technique et opérationnelle de la gestion des déchets. Il s’agit d’un document demandé dans les marchés de travaux, souvent en complément du mémoire technique. Le SOGED détaille de manière précise et opérationnelle les mesures prises par les entreprises pour une bonne gestion des déchets.
Le SOGED présente :
- Les méthodes employées pour ne pas mélanger les différents types de déchets,
- Les actions mises en place pour limiter la production des déchets sur le chantier,
- Les centres de stockage, de traitement ou de recyclage vers lesquels seront acheminés les différents déchets à évacuer,
- Les moyens de contrôle et de suivi mis en œuvre pour assurer la traçabilité des déchets pendant les travaux,
- Les moyens humains et matériels mis en œuvre.
Conclusion
La gestion des effluents de chantier s’inscrit dans le cadre plus large de la gestion des déchets sur chantier décrite dans le SOGED. Une bonne gestion des déchets commence par une réduction à la source en limitant leur production et en favorisant autant que possible le recyclage.
L’organisation du chantier doit permettre une collecte et un tri différenciés en fonction de la nature des effluents. Chaque type de résidus sera orienté vers les centres adaptés conformément au plan départemental de gestion des déchets du BTP.

Effluents de chantier : collecte, tri, traitements et possibilités de rejet
Sources :
- ADEME
- Fédération française du bâtiment
- Plan départemental de gestion des déchets du BTP du Var, 2016
- IRH ingénieur conseil, Etude PME-PMI, définition des secteurs d’activités polluants, appuyés par des diagnostics d’entreprises, sur les territoires de Chambéry Métropole et de la CALB – Fiche activité BTP, gros-oeuvre, centrale à béton
- Mc Donald D., de Billy V. & Georges N., 2018. Bonnes pratiques environnementales. Cas de la protection des milieux aquatiques en phase chantier : anticipation des risques, gestion des sédiments et autres sources potentielles de pollutions des eaux. Collection Guides et protocoles. Agence française de la biodiversité. 148 pages.
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