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Réseaux humides

Les solutions de désimperméabilisation

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A RETENIR
  • La désimperméabilisation des sols consiste à transformer les surfaces imperméables en surface perméables. Les solutions proposées résident dans l’établissement de projet intégrant ces éléments (voir fiche 7) mais aussi dans le choix de matériaux différents concernant les revêtements mis en œuvre. 
  • Ces solutions apportent de multiples co-bénéfices pour la qualité de vie, la biodiversité, la gestion et la protection des milieux aquatiques et des ressources en eau.

L’urgence à désimperméabiliser

20 à 30 000 ha sont imperméabilisés chaque année en France. En 2024 quasiment 10% de la surface du territoire est constituée par des surfaces artificialisées pour la plupart imperméabilisées. 

Cet aménagement minéral de l’espace génère de multiples impacts négatifs sur le bon état des milieux naturels, la qualité des ressources en eau, la gestion des inondations et le fonctionnement des systèmes d’assainissement. Ces constats nous amènent aujourd’hui à repenser en profondeur l’aménagement du territoire et la création d’infrastructures en restaurant des espaces perméables et en amenant de la nature en ville.

 

Revêtements permettant la perméabilité des surfaces en zone urbaine

Différents revêtements peuvent être mis en œuvre pour répondre aux objectifs de perméabilité : 

  • Les matériaux perméables. 
    • Il existe des bétons poreux qui permettent l’infiltration des eaux dans leurs interstices, facilitant ainsi le retour des eaux pluviales au milieu récepteur. Ces bétons souvent sous forme de dalles ou de pavés peuvent être posés en milieu urbain. Les eaux pluviales sont dirigées vers une couche de gravillons qui diffuse l’eau vers le milieu naturel. (source photo geni-enrobe-rennes).

    • Les bétons bitumineux drainants sont également des revêtements de chaussées susceptibles d’être mis en œuvre pour faciliter l’évacuation des eaux pluviales. Ces derniers ont un objectif initial différent dans le sens où les enrobés drainants sont posés pour limiter les projections d’eau et accroître la sécurité routière. Néanmoins, ce type de revêtement permet l’infiltration des eaux pluviales de chaussée et de les relarguer dans des bassins de rétention, limitant ainsi les risques de pollution diffusés dans le milieu récepteur.  (source sommaire-services-urbains-lillemetropole-fr.pdf)

Ces revêtements nécessitent des calculs de dimensionnement et sont soumis à différentes contraintes en terme de zone de pose (trafics routiers, météorologie, ….). De même, il est nécessaire de vérifier régulièrement le bon fonctionnement de ces matériaux qui peuvent subir des colmatages sur le long terme.

 

  • Les aménagements perméables. Les modes constructifs des zones de stationnement ou de faibles circulation peuvent être aménagés avec des surfaces de pavés drainants ou pavés écologiques ou espaces végétalisés. Il existe différentes techniques utilisées pour réaliser des aménagements perméables.
    • Les pavés perméables. Ces aménagements consistent à poser des pavés tout en laissant un espace défini entre chaque pavé pour permettre aux eaux pluviales de s’écouler vers le milieu naturel. (photo source site ecovegetal).

Parking en pavés perméables

Exemple de structure alvéolaire perméable

 

    • Les parkings et voiries végétalisés consistent à poser des dalles alvéolées remplies de substrat minéral imperméable (terre végétale, gravillon, sables, …) permettant ainsi de rendre une perméabilité importante aux zones aménagées. (source photo techni-contact.com)

Ces techniques esthétiques permettent d’être posées sous espaces circulés mais nécessitent des entretiens fréquents sur les zones les moins circulées.

 

Conclusion

Au-delà des réflexions à mener au niveau des modes constructifs et de l’aménagement de l’espace, il existe des solutions de désimperméabilisation des sols notamment en ce qui concerne les aménagements des espaces publics circulés ou piétonniers. L’utilisation de matériaux poreux ou de techniques d’aménagement alternatives implique tout de même la nécessité de prendre en compte certains facteurs tels que le trafic routier ou les conditions météorologiques avant de proposer la mise en œuvre de techniques alternatives aux surfaces imperméabilisées.

Ont contribué à l’article :
Géraud Bournet Yannis Hagel
recommandé par tpdemain
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