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TRANSITION ECOLOGIQUE
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Les solutions de gestion durable des eaux pluviales

Résumé
  • L’imperméabilisation des sols et l’évolution des risques climatiques conduisent à intégrer davantage la gestion des eaux pluviales dans l’aménagement des territoires.
  • Les nouvelles politiques d’urbanisme, associées au développement de la récupération et de la réutilisation des eaux pluviales, favorisent des solutions privilégiant l’infiltration et la valorisation à la parcelle. Ces approches de gestion durable offrent de nombreux co-bénéfices pour les territoires et s’appuient sur des études préalables permettant d’adapter les solutions aux caractéristiques de chaque projet.
Sujet transition écologique

La gestion durable des eaux pluviales repose sur une approche intégrée qui privilégie l’infiltration, le stockage, la récupération et la réutilisation de l’eau au plus près de son point de chute. En s’appuyant sur de nouvelles stratégies d’aménagement et sur des solutions adaptées aux caractéristiques de chaque site, elle contribue à limiter le ruissellement, à préserver la ressource en eau et à renforcer la résilience des territoires face aux évolutions climatiques.

Une gestion différenciée des pluies

Les professionnels de la gestion des eaux pluviales différencient les pluies courantes et les pluies d’orages. Les pluies courantes sont des épisodes pluvieux de faible intensité (moins de 15mm en 24h) mais qui constituent plus de 80% des pluies annuelles.

Les stratégies de gestion des eaux pluviales

 

Nouvelles stratégies d’aménagements urbains :  du “tout tuyau” à l’infiltration

Les donneurs d’ordre et les aménageurs intègrent de plus en plus la gestion des eaux pluviales dès la conception de leurs projets. Différentes stratégies sont aujourd’hui mises en œuvre pour favoriser le développement de villes plus perméables, parmi lesquelles :

  • La création de zones vertes perméables, comme les noues ou les jardins de pluie, qui associent espaces végétalisés, restauration des capacités d’infiltration et de stockage de l’eau dans les sols, tout en contribuant à la lutte contre les îlots de chaleur et au développement de la biodiversité
  • L’intégration de matériaux perméables dans les aménagements de voirie, comme les pavés drainants, permettant de limiter le ruissellement des eaux de surface
  • L’intégration d’une plus large part d’espaces verts permettant ainsi de réduire les ruissellements de surface, favoriser l’infiltration et augmenter les zones d’évapotranspiration
  • L’intégration de séparateur d’hydrocarbures et de bassins de rétention des sédiments pour traiter les eaux de ruissellements de surfaces

Ces stratégies d’aménagement contribuent également à améliorer la qualité des eaux. En redonnant une place à l’infiltration, elles permettent aux sols de jouer leur rôle naturel d’épuration et participent à la réduction des risques de contamination des eaux de surface et des eaux souterraines.

De même, les réglementations telles que la LEMA, la compétence GEMAPI ou encore l’objectif ZAN (Zéro Artificialisation Nette), ainsi que les documents d’urbanisme, favorisent une meilleure prise en compte de la gestion des eaux pluviales dans les projets d’aménagement. C’est dans ce cadre, notamment, que les aménageurs construisant en zones inondables ou humides doivent compenser les volumes de stockage des eaux « perdus » par les aménagements. Dans ce cadre, les aménagements proposés doivent donc intégrer des mesures compensatoires en annexe de leur projet telles que des zones humides ou de stockage des eaux pluviales, neutralisant ainsi l’effet de l’aménagement projeté.

 

Enfin, les plans de gestion des eaux pluviales imposés par les mêmes réglementations obligent désormais les constructions privées à gérer à la parcelle les eaux pluviales. Les solutions les plus souvent proposées dans ce cadre sont les tranchées filtrantes ou les puits d‘infiltration. 

 

Récupération et réutilisation des eaux pluviales

La récupération et l’utilisation des eaux pluviales sont également des alternatives développées dans le cadre de leur gestion.

La récupération et le stockage constituent une première alternative visant à limiter l’arrivée massive d’eaux pluviales dans les réseaux ou le milieu récepteur. Elle est applicable :

  • à la parcelle en mettant en place des récupérateurs d’eau de pluie, essentiellement pour la récupération des eaux de toiture
  • sous domaine public ou circulé par la mise en œuvre de citerne enterrée visant à capter les eaux de ruissellement et à les restituer progressivement dans les réseaux ou le milieu récepteur.

Les eaux récupérées peuvent être utilisées à différentes fins comme le prévoit les textes de lois et décrets parus en 2024 (voir “L’utilisation des eaux pluviales sur les chantiers” ) : 

  • Arrosage des espaces verts ou des jardins. Cette utilisation permet d’utiliser une ressource naturelle gratuite et évite la consommation d’eau potable destinée à la consommation.
  • Lavage des voiries ou des bâtiments, l’hydrocurage des réseaux
  • Besoins d’eau non potable tels que les toilettes. Dans ce cas, les installations intérieures doivent être munies de disconnecteurs pour éviter la pollution de l’eau du réseau de distribution.

Pour ces usages novateurs, des incitations financières peuvent être obtenues sous forme de subventions ou de crédits d’impôts.

Ces solutions combinées favorisent une gestion intégrée des eaux pluviales, réduisant les risques environnementaux tout en augmentant la résilience des zones urbaines et rurales.

 

Modalités de mise en œuvre des solutions de gestion des eaux pluviales

Lors de l’élaboration des projets d’aménagement urbains ou individuels, différents éléments doivent être étudiés lors des réflexions engagées : 

  • Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ,et ses annexes. Le PLU permet de connaître les modalités de construction et d’aménagement notamment en terme de contraintes particulières (ratio d’espaces verts, …). Les annexes telles que le plan de gestion des eaux pluviales et le Plan de Prévention des Risques Inondations (PPRi) donnent des informations sur les modalités de gestion des eaux pluviales et sur les contraintes liées aux zones d’expansion de crues. L’ensemble de ces éléments définit un faisceau de solution de gestion des eaux pluviales.
  • L’adéquation entre les techniques susceptibles d’être proposées les caractéristiques de l’environnement et/ou du milieu naturel comme les capacités d’infiltration des sols, le réseau hydrographique.

En fonction des objectifs fixés par le maître d’ouvrage, une ou plusieurs solutions de gestion des eaux pluviales sont proposées et mises en œuvre après validation par le maître d’ouvrage. Au-delà des choix techniques et d’investissement initial, il est important d’apporter des éléments sur les coûts d’entretien et de maintenance des solutions de gestion des eaux pluviales.

Les solutions de gestion durable des eaux pluviales

 

Conclusion

Les solutions de gestion durable des eaux pluviales se développent en adoptant de nouveaux modes d’aménagement notamment en intégrant la récupération et de réutilisation des eaux pluviales ainsi captées. Ces nouvelles solutions privilégiant l’infiltration et la valorisation à la parcelle nécessitent des études pour s’assurer de la possibilité de la mise en œuvre des technologies proposées. 

Cette approche intégrée de la gestion des eaux pluviales apporte de nombreux bénéfices : amélioration du cadre de vie, développement de la biodiversité, meilleure adaptation aux évènements climatiques extrêmes, préservation des ressources en eau, des milieux aquatiques et des systèmes d’assainissement.

Image(s) : EGLEFOR, Agence de l’eau Seine Normandie

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Ont contribué à l’article :
Géraud Bournet Yannis Hagel Charles AIVAR
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