- Les usages directs de l’eau sur chantier incluent la base vie, la confection du béton, le nettoyage du matériel et l’arrosage des sols.
- Les usages indirects sont liés à la fabrication des matériaux et à la chaîne d’approvisionnement.
- Les conditions météorologiques influencent fortement les besoins en eau, avec des ajustements nécessaires en cas de sécheresse, de pluie abondante ou de gel.

L’eau est une ressource nécessaire au bon déroulement des chantiers de TP. Elle est indispensable à de nombreuses tâches, tant sur le chantier lui-même que dans la chaine de valeur amont liée à la production des matériaux et à la fabrication des équipements. Dans une logique de transition écologique, l’empreinte eau des activités TP est à considérer avec autant d’importance que l’empreinte carbone.
Usages directs de l’eau sur les chantiers
On entend par « usages directs » les activités de chantier qui nécessitent une utilisation immédiate et indispensable de l’eau. Ces usages comprennent les :
- base vie : c’est une obligation légale du Code du travail de fournir sur chantier une alimentation en eau potable pour l’hydratation, l’hygiène corporelle et les sanitaires.
- confection et cure du béton : en plus de l’eau utilisée pour sa production, le béton requiert souvent après mise en œuvre un arrosage de « cure », et dans certains cas de traitement de surface comme le béton désactivé, une eau supplémentaire pour le lavage final.
- nettoyage : engins, outils, matériels, bungalows doivent être nettoyés régulièrement pour maintenir de correctes conditions de travail.
- arrosage des sols : gestion des poussières, traitement de sol à la chaux, arrosage des espaces végétalisés, recherche d’un optimum Proctor sur plateforme, plusieurs situations techniques nécessitent un arrosage direct des sol.
Usages indirects de l’eau sur les chantiers
Le terme « usages indirects » désigne les besoins en eau non visibles sur chantier, mais indispensables à la production, l’approvisionnement et la mise en œuvre des matériaux. L’eau est utilisée dans :
- La production du ciment lors du refroidissement des installations et le traitement des matières premières.
- L’extraction, la formulation ou le lavage des granulats en carrière.
- La fabrication d’éléments préfabriqués en béton.
- La fabrication industrielle d’équipements et d’engins à travers les procédés, les machines, et parfois comme fluide de opérationnel ou de refroidissement.
- La production de carburant, le nettoyage des véhicules de transport ou l’entretien des infrastructures associées.
Le choix des matériaux utilisés sur chantier, à travers leur empreinte eau, participe de façon invisible mais significative à l’impact du chantier sur la ressource en eau.

Fournisseurs et sous-traitants
Tous les fournisseurs, en particulier les carrières et les fabricants de béton préfabriqué, utilisent de l’eau. Le choix du fournisseur a donc un impact indirect sur l’empreinte eau du chantier, en particulier par rapport à l’eau utilisée dans :
- la provenance des matériaux utilisés.
- l’extraction des matières premières
- les procédés industriels utilisés,
- la gestion quotidienne des installations de production,
- les chaines logistiques et les transports.
Tous ces usages, souvent invisibles, ont un impact significatif sur les nappes phréatiques disponibles, le cycle de l’eau et les écosystèmes, en particulier dans les pays dépourvus de normes et de cadre règlementaire solide.
Impact des conditions météorologiques sur les usages de l’eau
Les conditions météorologiques influencent directement la façon dont l’eau est utilisée sur les chantiers. Elle doivent être prises en compte comme cela est le cas dans le monde agricole, même si les usages sont différents.
Lors de périodes de sécheresse, les besoins en eau augmentent pour compenser les évaporations, ce qui necessite :
- d’augmentation l’arrosage des sols pour rabattre les poussière et stabiliser les surfaces,
- de pulvériser les surfaces de béton après mise en œuvre pour éviter le dessèchement prématuré.
- de mettre à disposition des équipe suffisamment d’eau pour garantir une hydratation correcte et continue.
En cas de précipitations abondantes, des mesures doivent être prises pour éviter la dégradation des ouvrages en construction :
- bâchage des béton frais (dalles, semelles de bordures) pour éviter le détrempage.
- gestion des pentes, écoulements et rejets afin de limiter la saturation des sols et l’orniérage induit.
- cessation d’activité (intempéries) en cas de précipitations abondantes et durables, ou mise en arrêt des chantiers le temps de permettre un ressuyage naturel des sols.
La perturbation du grand cycle de l’eau liée au dérèglement climatique impose désormais de considérer la gestion de l’eau comme une dimension à part entière du chantier. Les fluctuations météorologiques induites nécessitent une attention et une anticipation particulière tant en ce qui concerne la disponibilité de la ressource que l’impact des précipitations sur les phases de la construction, comme sur les ouvrages et ce, sur tout le cycle de vie du projet.
Image(s) : Photo : Gros plan d’un tas de roches de William Warby sur Unsplach
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