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Réseaux humides

Plan eau et réduction de la consommation d’eau sur les chantiers de travaux publics

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A RETENIR
  • Face à la sécheresse historique de 2022, le Plan eau apporte en 2023 une nouvelle approche résiliente et concertée de la gestion hydrique sur les territoires et dans tous les domaines d’activités. Cette stratégie nationale se traduit autour de trois axes principaux pour les travaux publics : la réduction de la consommation d’eau sur les chantiers, l’optimisation des processus pour éliminer les gaspillages et le développement des ressources alternatives. 
  • Pour atteindre ces objectifs, le plan combine innovation technologique, digitalisation du suivi des consommations et modernisation des équipements. Un cadre réglementaire incitatif, incluant subventions et nouvelles normes environnementales, accompagne cette transformation du secteur. Cette mutation prépare ainsi les acteurs du BTP à une meilleure gestion de l’eau sur les chantiers, tout en conciliant performance économique et préservation des ressources naturelles.

Parmi les 53 mesures annoncées par le Plan eau, une attention particulière est portée au secteur des travaux publics, consommateur important de cette ressource précieuse. La nécessité d’optimiser l’utilisation de l’eau sur les chantiers s’impose comme une priorité partagée entre les pouvoirs publics et les professionnels du BTP. Ce plan présente les principales initiatives déployées pour assurer une gestion plus responsable et économe de l’eau dans les activités de construction.

Objectifs du Plan eau pour les chantiers de travaux publics :

Les objectifs du Plan eau appliqué aux chantiers de travaux publics s’articulent autour de trois axes majeurs:

  • Premièrement, il vise la sobriété des usages, soit la diminution significative de la consommation d’eau dans les activités quotidiennes des chantiers, qu’il s’agisse de la préparation du béton, de l’entretien du matériel ou du traitement des matériaux. L’objectif global est de diminuer de 10 % le volume d’eau prélevé d’ici 2030. Aujourd’hui, l’enjeu économique sur les consommations d’eau est peu perçu par la profession du fait d’un coût d’achat faible de l’eau consommée sur chantier. Demain, le prix de l’eau va considérablement augmenter, il convient donc que les entreprises s’y préparent en faisant évoluer leurs pratiques pour tendre vers une sobriété des usages. (Fiche TP-Demain : Anticiper l’augmentation du prix de l’eau sur les chantiers de travaux publics)
  • Deuxièmement, le plan met l’accent sur l’optimisation de la disponibilité en réduisant les pertes d’eau évitables, notamment grâce à une recherche active des fuites d’eau et un suivi régulier des consommations par usage. Le recours à des ressources alternatives, telles que la récupération des eaux pluviales ou la réutilisation des eaux usées traitées, sont des solutions à approfondir dans le respect de la réglementation en vigueur. L’objectif est de multiplier par 10 le volume d’eaux non conventionnelles – issues de ressources de substitution – d’ici 2030. 
  • Enfin, le plan cible la préservation de la qualité par la lutte contre les pollutions diffuses et la restauration du grand cycle de l’eau. (Fiche TP-Demain : Plan eau et préservation du milieu aquatique)

 

L’innovation comme levier pour une gestion durable de l’eau dans les travaux publics :

L’innovation est indispensable à la transformation du secteur d’activité. Fort de ses talents, le monde des travaux publics doit s’appuyer sur son capital humain (retours d’expérience, savoir-faire technique…) pour innover. 

La profession possède tous les atouts pour organiser la sobriété des usages, économiser la ressource et optimiser sa disponibilité. Les compteurs intelligents, les matériaux nouvelle génération, comme les bétons économes en eau, les techniques améliorées de stabilisation des sols ou encore l’évolution des méthodes traditionnelles d’arrosage vers des solutions plus économes, telles que les systèmes de brumisation, sont autant d’outils pour enclencher cette mutation.

Pour faire évoluer les mentalités et les pratiques, cette transition technique s’accompagne d’un volet communication essentiel : les équipes sont sensibilisées aux enjeux de la ressource en eau et formées aux bonnes pratiques environnementales.

 

Un cadre incitatif :

La mise en œuvre d’une gestion durable de l’eau dans le secteur des travaux publics s’appuie sur des dispositifs d’aides. À ce titre, les chambres de commerce et d’industrie et l’ADEME proposent aux entreprises des accompagnements pour mettre en place une démarche environnementale afin de moderniser leurs équipements et d’investir dans des outils de suivi des consommations (diagnostic, PSH…). 

Les grands groupes cotés en bourse sont, quant à eux, obligés de publier des informations de durabilité vis-à-vis du critère EAU dès 2025 (CRSD: informations en matière de durabilité des grandes entreprises).

Un cadre normatif encourage cette transition écologique. Les entreprises peuvent valoriser leurs efforts à travers des certifications reconnues (ISO 14001, démarche Haute Qualité Environnementale, BREEAM…) attestant de leur engagement environnemental.

Enfin, l’intégration systématique de critères hydriques dans les appels d’offres des projets d’infrastructure constitue un levier majeur de transformation du secteur. Cette approche favorise naturellement les entreprises ayant développé une expertise dans la gestion économe de la ressource en eau.

 

Conclusion :

Face aux enjeux climatiques croissants, le Plan eau marque un tournant dans la gestion résiliente des ressources hydriques sur les chantiers de travaux publics. Cette stratégie nationale mobilise l’ensemble des acteurs publics et privés et pousse au déploiement de solutions innovantes, allant de la valorisation des eaux pluviales à l’optimisation des processus constructifs, en passant par le recyclage des eaux non conventionnelles. 

Au-delà de la simple gestion quotidienne des ressources, cette transformation profonde du secteur prépare les acteurs du BTP aux défis environnementaux de demain. En plaçant les entreprises de travaux publics au cœur de cette mutation écologique, le plan dessine les contours d’une industrie plus responsable et résiliente, capable de concilier performance économique et préservation des ressources naturelles.

Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Géraud Bournet Yannis Hagel
recommandé par tpdemain
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