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Réseaux humides

Réduction de consommation d’eau sur les chantiers TP

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A RETENIR
  • Depuis 2023 le « plan eau » initie une approche résiliente et concertée de la gestion hydrique sur les territoires et dans tous les domaines d’activités.
  • Le plan eau se décline autour de trois axes principaux : réduire la consommation, optimiser les usages pour éliminer les gaspillages, développer des ressources alternatives.
  • Un cadre réglementaire incitatif, incluant subventions et nouvelles normes environnementales, accompagne cette transformation du secteur.
Sujet transition écologique

Le « plan eau » présente les principales initiatives à déployer dans tous les secteurs pour assurer une gestion plus frugale de l’eau.

Parmi les 53 mesures annoncées, une attention particulière est portée sur le secteur des TP. La nécessité d’optimiser l’utilisation de l’eau sur les chantiers s’impose comme une priorité partagée entre les pouvoirs publics et la profession.

Plan eau : Objectif pour les chantiers TP

Les objectifs du Plan eau appliqué aux chantiers s’articulent autour de trois axes majeurs :

  • Viser la sobriété des usages, c’est à dire la diminution significative de la consommation d’eau dans les activités quotidiennes des chantiers : confection des bétons, lavage du matériel, traitement des poussières. L’objectif global est de diminuer de 10 % le volume d’eau prélevé d’ici 2030. Aujourd’hui l’enjeu économique sur les consommations d’eau est peu perçu, car encore masqué par un faible coût d’achat. Demain, le prix de l’eau va considérablement augmenter, il convient donc de s’y préparer et de développer dès maintenant des usages sobres.

 

  • Réduire les pertes d’eau évitables, grâce à une recherche active des fuites et un suivi régulier des consommations par type d’usage. Le recours à des ressources non potabilisées, telles que la récupération des eaux de pluie ou la réutilisation des eaux usées traitées, sont des solutions à approfondir dans le respect de la réglementation en vigueur. L’objectif est de multiplier par 10 d’ici 2030, le volume d’eaux non conventionnelles issues de ressources de substitution.

 

  • Préserver la qualité de l’eau, en luttant active contre les pollutions diffuses et en contribuant à la restauration du grand cycle de l’eau.

 

L’innovation : levier pour une gestion durable de l’eau

L’innovation appliqué à l’économie de la ressource et à la sobriété des usages est une voie à explorer. Des solutions existent déjà : compteurs intelligents, bétons économes en eau, techniques améliorées de stabilisation des sols, gestion des poussières par brumisation, sont des outils à intégrer dès maintenant dans les activités.

Pour faire évoluer les mentalités et les pratiques, cette transition technique doit s’accompagner d’une communication interne sur le sujet. Elle peut s’articuler sur  axes : Prise de conscience des enjeux à moyen/long terme et bonnes pratiques à mettre en place.

Un cadre incitatif

La mise en œuvre d’une gestion durable de l’eau sur les chantiers s’appuie sur des dispositifs d’aides. À ce titre, les chambres de commerce et d’industrie, ainsi que l’ADEME, ou les agences de l’eau proposent d’accompagner les entreprises pour mettre en place une démarche eau afin de moderniser leurs équipements et d’investir dans des outils de suivi des consommations.

Les groupes cotés en bourse sont, quant à eux, depuis 2025, obligés de publier des informations de durabilité vis-à-vis du critère eau. Cette obligation aura nécessairement une incidence sur la chaine des sous traitants qui, même si ils ne sont pas directement impliqués, seront nécessairement concernés.

Le cadre normatif en vigueur encourage également cette transition. Les entreprises peuvent valoriser leurs efforts à travers des certifications reconnues (ISO 14001, démarche Haute Qualité Environnementale, BREEAM…) pour attester de leur engagement.

Enfin, l’intégration croissance de critères hydriques dans les appels d’offres constitue un levier majeur de transformation du secteur, en particulier dans les régions touchées par des tensions sur la ressource. Cette approche favorisera naturellement les entreprises ayant développé une expertise dans la gestion frugale de l’eau sur leurs chantiers.

Ont contribué à l’article :
Mélissa PLOUZANE Géraud Bournet Yannis Hagel Charles AIVAR
recommandé par tpdemain
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