- La gestion des eaux de ruissellement permet d’anticiper et de maîtriser les impacts environnementaux des chantiers. Elle permet de contrôler à la source les risques d’érosion des sols décapés, de limiter les volumes d’eau et de sédiments à traiter au point bas des chantiers, et de respecter l’obligation réglementaire de non-dégradation des eaux et des milieux aquatiques.
- En fonction des zones traversées, les eaux de ruissellement peuvent être souillées ou non, ce qui implique une gestion différenciée.

La gestion du ruissellement constitue un levier important pour préserver les ressources en eau et les milieux aquatiques sur les chantiers de travaux publics. Les eaux de pluie qui circulent sur des sols décapés ou des zones de travaux peuvent entraîner des sédiments et différents polluants vers les cours d’eau, les zones humides ou les réseaux de collecte. L’anticipation des écoulements dès la préparation du chantier, associée à des dispositifs adaptés de collecte, de ralentissement et de traitement, permet de limiter ces transferts tout en facilitant la bonne conduite des travaux.
Une approche universelle, des pratiques à adapter au cas par cas
L’approche multi-barrière présentée dans la fiche « Adopter des pratiques limitant les risques de pollution et de dégradation des milieux aquatiques » pose les principes généraux de la gestion du ruissellement sur chantier.

Les bonnes pratiques consistent à :
- Anticiper les risques d’érosion des sols décapés : les travaux sont réalisés autant que possible en dehors des périodes pluvieuses. Les plans d’installation et d’exécution des travaux intègrent le maintien de zones « tampons » végétalisées entre le chantier et les cours d’eau, les zones humides et les milieux naturels sensibles ;
- Lutter contre l’érosion de ces sols décapés : le transport de sédiments est limité au maximum par une technique adaptée à chaque type de sol décapé ;
- Gérer les écoulements superficiels : les écoulements superficiels sont interceptés, ralentis, dispersés et/ou redirigés de manière à éviter toute aggravation ou concentration des risques liés à l’érosion des sols ;
- Traiter les sédiments en les piégeant avant leur rejet dans les cours d’eau à l’aide de différentes techniques dont la filtration, la déshydratation, la décantation ou la floculation.

Processus érosion, transport, sédimentation
Les techniques et bonnes pratiques à mettre en œuvre sont à adapter aux spécificités de chaque chantier : topographie, pédologie, hydrologie, pluviométrie, enjeux écologiques, etc. L’analyse de ces éléments dès la préparation du projet permet d’intégrer la gestion du ruissellement au plan d’installation de chantier.
Intégrer le ruissellement dans les plans d’installation et de circulation
Les plans d’installation et de circulation du chantier doivent permettre de :
- Délimiter et séparer les aires de collecte des eaux pluviales non souillées et des eaux pluviales souillées dès l’esquisse du projet :
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- Collecter séparément les eaux claires non souillées issues du bassin versant en amont du chantier par la création de drains ou de noues et rejeter ces eaux claires directement en aval hydraulique du chantier avant qu’elles ne soient polluées ;
- Gérer les eaux souillées issues de l’emprise chantier en fonction de leur niveau de pollution : infiltration ou concentration avant traitement.
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- Isoler de tout écoulement les aires de stockage de substances et produits dangereux pour prévenir tout risque de pollution accidentelle ;
- Protéger les dépôts provisoires de matériaux avec des merlons, barrières de rétention et bâches de protection.
Gestion du ruissellement et phasage du chantier
Les bonnes pratiques consistent à organiser le chantier de manière à maîtriser la production d’eaux pluviales souillées tout au long des travaux. Cela peut notamment conduire à réaliser en priorité les opérations les plus génératrices de ruissellement.
Exemple d’un chantier de création d’un lotissement :
- Commencer par réaliser les terrassements les plus importants ;
- Préparer rapidement les voies de circulation pour éviter de créer des eaux pluviales souillées ;
- Une fois le gros œuvre réalisé, effectuer les chaussées provisoires pour avoir, à ce moment et pour tous les corps d’état secondaires, les pieds au propre…
Dispositifs de gestion des écoulements superficiels
- Merlons, cunettes et fossés provisoires pour isoler l’emprise chantier des écoulements superficiels amont, intercepter et réduire le ruissellement, diminuer les volumes d’eau à traiter et/ou protéger une zone sensible.
Attention : techniques inadaptées aux terrains très rocailleux ou densément végétalisés, risque de dérangement de la circulation des engins, surveillance et entretien régulier nécessaires.

Merlons de dérivation

Fossés de collecte en série
- Boudins et barrières de rétention provisoires pour intercepter et ralentir les écoulements superficiels, favoriser l’infiltration de l’eau tout en piégeant les sédiments et en réduisant les volumes à traiter au point bas du chantier.
Attention : techniques inadaptées aux sols rocailleux, efficaces pour des apports en sédiments limités, ne pas installer de barrières de rétention en travers des cours d’eau, prévoir un accès pour évacuer les sédiments.

Boudins ancrées par pieux alternés
- Descentes d’eau et drains de pente provisoires pour éviter la création de rigoles ou de ravines, isoler l’emprise chantier du bassin versant amont, intercepter et réduire le ruissellement, acheminer l’eau vers une surface stabilisée ou un ouvrage de traitement des sédiments.
Attention : installations temporaires adaptées à de faibles débits, surveillance et entretien permanent nécessaires, risque d’inondation de la zone de travail aval en cas de dysfonctionnement.
Conclusion
Une bonne gestion du ruissellement repose sur une prise en compte précoce des caractéristiques propres à chaque chantier. L’intégration de l’approche multi-barrière dans les plans d’installation et de circulation permet de mieux maîtriser les écoulements superficiels, de réduire les volumes à traiter et de préserver les milieux naturels tout au long des travaux.

Démultiplication des barrières pour un meilleur contrôle des écoulements superficiels
Image(s) : EGLEFOR
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