- Les chantiers de travaux publics sont soumis à des risques de pollution de l’eau, liés aux activités de terrassement, de stockage de produits chimiques, de mise en œuvre de béton et de gestion des déchets.
- Les pollutions accidentelles peuvent avoir des impacts significatifs sur les écosystèmes aquatiques, la ressource en eau et la biodiversité locale.
- Les mesures préventives privilégient les réductions des risques à la source par le stockage sécurisé des produits chimiques, l’entretien préventif des engins, le traitement des laitance et effluents, le tri et le stockage adéquat des déchets.

Les chantiers de TP peuvent avoir des impacts significatifs sur l’environnement, notamment sur la qualité de la ressource en eau et les écosystèmes locaux. La prise en compte de ces dimensions lors de la préparation du chantier, permet d’identifier les points sensibles suffisamment tôt, afin de mettre en œuvre des mesures préventives nécessaires.
Risques de pollution liés à un chantier TP
En amont de tout chantier, il est nécessaire d’évaluer les risques en lien avec les spécificités du site, les techniques mises en œuvre et le phasage envisagé afin d’abord d’éviter, puis de réduire et enfin de maîtriser tout impact environnemental sur le milieu naturel.
- Terrassement et mouvements de terre
Les activités de terrassement : défrichement, décapage, excavations et remblais, mettent momentanément les sols à nu. Le temps des travaux, les précipitation peuvent provoquer un lessivage de la surface et emporter les particules fines vers les points bas. Si il s’y trouve un cours d’eau, il pourra être sujet à une augmentation de la turbidité, un envasement excessif et le colmatage des fonds jusqu’à la modification des écoulements naturels. Les écosystèmes aquatiques et toute la biodiversité présente seront impactés et l’écoulement propagera la pollution largement en aval. La mise en place d’un plan de terrassement phasé, incluant une gestion des pentes, et la récupération des eaux de ruissellement dans un bassin de décantation provisoire peut être une solution simple pour éviter tout rejet accidentel dans le milieu, en attendant la fin des travaux.
- Utilisation d’engins et véhicules
La mobilisation d’engins de production peut comporter un risque de pollutions liés aux fuites de lubrifiants et d’hydrocarbures sur les sols nus. Ce point est facile à solutionner. La vérification et l’entretient préventif des engins réduisent significativement la probabilité de pannes et de fuite au sol. En cas de fuite signalée, l’usage d’un kit de dépollution permet de récupérer et d’évacuer la terre souillée. Pour cela il faut vérifier auprès du chef de chantier qu’un kit est toujours disponible.
- Stockage et manipulation de produits
Le stockage des produits chimiques tels que : huile, carburant, désactivant, solvant expose aux risques de fuites ou de déversements accidentels. Pour traiter cela, les produits seront stockés sur un bac de rétention, et leur manipulation se fera au dessus d’un réceptacle comme par exemple un seau dédié ou un bidon usagé … toujours avec des gants bien sûr !
- Mise en oeuvre de bétons
Le béton est un matériau courant utilisé en VRD et en génie civil pour la pose de bordures, la maçonnerie de petits ouvrages, ou le banchage de voiles. La laitance, sous-produit de la mise en œuvre des bétons, contient des particules fines et des produits chimiques résiduels. Un rejet non contrôlé des laitances peut engendrer une pollution locale des sols, et par infiltration ou ruissellement, impacter cours d’eau et nappes phréatiques par augmentation du PH ou diffusion de métaux lourds nocifs pour la faune, la flore et la santé humaine, en particulier sur les bonnes conditions de reproduction des espèces.
Il est donc nécessaire :
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- d’employer la juste dose d’adjuvants et d’huiles de décoffrage afin de limiter leur concentration dans la laitance produite,
- de collecter les eaux de nettoyage, des bétonnières, toupies et outils dans un bac de décantation pour décharger les eaux avant rejet.
Précisons qu’aucun rejet ne doit se faire dans le réseau sans l’autorisation du gestionnaire de réseau, qui s’assurera de l’absence de risque pour le bon fonctionnement du réseau et de la station d’épuration.
- Gestion des déchets
Les déchets de chantier, y compris les gravats, emballages, et matériaux de construction non utilisés, doivent être en amont triés et stockés selon la règlementation. Le ruissellement sur les zones de stockage à l’air libre peut produire une eau de lessivage qui ne pourra pas être rejetée sans précautions. Là encore, en particulier sur les installations fixes, un sol correctement fermé, un bassin de décantation installé en point bas, et une bonne configurations des pentes peuvent être une solution.

Conséquences sur la ressource en eau
Une défaillance dans la gestion des ruissellements et des effluents de chantier expose la disponibilité en eau de captage pour alimenter le réseau d’eau potable. Pour cela , il est indispensable avant travaux, de mesurer la sensibilité de la zone, en particulier en cas de présence d’un poste de captage à proximité.
Synthèse des mesures de prévention.
- Stockage de produits chimiques:
- Utiliser des contenants étanches et appropriés . Stocker les produits sur des bacs de rétention. Manipuler les produits au dessus d’un receptable.
- Utilisation des engins :
- Assurer l’entretien préventif. Effectuer chaque jour une prise de poste avec vérification de l’absence de fuites. Créer des zones de lavage éloignées des zones sensibles, avec si possible un dispositif de récupération ou de traitement des eaux de lavage. Élaborer et mettre en place un plan de circulation.
- Laitance de béton :
- Mettre en place des bassins de décantation et privilégier le zéro rejet. Recycler ou réutiliser la laitance dans la mesure du possible
- Effluents de chantier :
- Gérer les effluents en fonction de leur nature. Ne faire aucun rejet dans le réseau d’assainissement ou le milieu naturel sans autorisation préalable du gestionnaire. Installer des barrières géotextiles anti-érosion
- Gestion des déchets :
- Effectuer un tri sélectif des déchets sur le chantier. Stocker les déchets dans des conteneurs adaptés et sécurisés. Gérer les ezux de lessivage des zones de stockage.
- Sensibilisation :
- Former une fois par an, lors de journée environnement, les équipes aux écogestes et accompagner les changements de pratiques. Afficher les consignes de sécurité et de protection de l’environnement sur le chantier. Mettre en place un plan d’urgence en cas de pollution accidentelle avec l’utilisation de kits antipollution.
La protection de l’environnement et des ressources en eau est une responsabilité majeure pour les équipes qui travaillent sur les chantiers de travaux publics. En adoptant des pratiques de gestion rigoureuses et en sensibilisant le personnel aux risques de pollution, il est possible de minimiser les impacts négatifs sur le milieu naturel et ainsi de préserver la qualité de l’eau dont nous avons tous besoin.
Image(s) : EGLEFOR
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