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ETUDES TECHNIQUES
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Calcul de production en terrassement

A retenir
  • Le positionnement des engins influence directement le temps de cycle et donc la production.
  • La production réelle dépend du terrain, des accès, du matériel et de l’organisation du chantier.
  • Le choix des outils et la connaissance du foisonnement aident à mieux estimer les volumes à traiter.
  • Un calcul de rendement fiable repose sur des données cohérentes et une bonne préparation du chantier.

En terrassement, la production d’un atelier dépend autant des engins que de leur organisation sur le chantier. Le positionnement de la pelle et des transports, le choix des outils, la nature des matériaux ou encore le foisonnement influencent directement le rendement. Cet article présente les principaux repères à connaître pour mieux comprendre, puis estimer, la production d’un atelier de terrassement.

Organiser le positionnement de l’engin de chargement et de transport

Schéma vu de dessus représentant une pelle hydraulique travaillant depuis un remblai. Le godet charge un camion benne placé face à elle, identifié par la lettre B. Un second camion, identifié par la lettre A, attend sur le même niveau de terrain que le camion B. Des flèches indiquent le sens de circulation des camions et l’angle de rotation de la pelle pendant le chargement.
Positionnement d’une pelle et de deux camions lors d’un terrassement.

Le positionnement de l’engin de chargement et de l’engin de transport a un effet direct sur le temps de cycle. Plus la pelle tourne, plus le chargement prend du temps. À l’inverse, un bon placement du camion ou du tombereau réduit l’angle de rotation et améliore la fluidité du travail.

Dans la pratique, l’objectif est de limiter les mouvements inutiles. Un transport bien placé permet à la pelle de charger plus vite, avec un geste plus régulier et moins fatigant pour l’ensemble de l’atelier. De plus, cette organisation contribue à sécuriser la zone de chargement.

Il faut donc rechercher un positionnement simple, lisible et compatible avec les accès du chantier. Une augmentation, même modérée, de l’angle de rotation peut déjà réduire la production. C’est pourquoi le placement sous la pelle et l’organisation des circulations restent des points essentiels dès la préparation du poste de travail.

Identifier les paramètres qui influencent la production

La production d’un atelier de terrassement ne dépend pas d’un seul engin. Elle dépend d’un ensemble de paramètres liés au terrain, à l’organisation du chantier et aux conditions de circulation des matériaux.

  • la nature du sol, porteur ou non ;
  • la création de pistes avec des pentes et des dévers adaptés ;
  • la mise en sécurité des circulations, avec une signalisation et des merlons de protection ;
  • l’entretien des pistes et des zones de travail ;
  • la vitesse de déplacement et l’anticipation du conducteur ;
  • le bon placement sous la pelle ;
  • l’entretien de la zone de chargement ;
  • le choix des pneumatiques selon le terrain rencontré.

Ces paramètres agissent ensemble. Par exemple, une piste mal entretenue peut ralentir le transport, même si la pelle charge rapidement. De la même façon, un sol peu porteur ou une zone de chargement encombrée peut dégrader le rendement de tout l’échelon.

Adapter les outils aux types de matériaux

En terrassement, les matériaux rencontrés sur le terrain n’offrent pas tous la même résistance. Il faut donc adapter les outils de la machine à la tâche à réaliser. Le choix du godet, des dents, des lames ou des pièces d’usure influence directement la pénétration dans le matériau et le taux de remplissage.

Un outil bien adapté améliore le chargement. Il permet de mieux remplir le godet, de limiter les pertes de temps et de réduire les efforts inutiles sur l’engin. À l’inverse, un équipement inadapté peut faire baisser la production, augmenter l’usure et compliquer le travail du conducteur.

On parle alors de coefficient d’outil. Ce repère aide à comprendre que la performance ne dépend pas seulement de la puissance de la machine, mais aussi de la qualité de l’outil d’attaque et de son adéquation au matériau travaillé.

Illustration technique en trois parties présentant des équipements de pelle hydraulique. À gauche, plusieurs modèles de dents de godet sont représentés séparément. Au centre, un godet de curage large sans dents est montré de trois quarts. À droite, un godet de terrassement équipé de plusieurs dents et de protections latérales est représenté sur un sol de chantier. L’ensemble met en évidence la diversité des outillages pouvant être montés sur une pelle selon la nature des travaux.
Godets et dents de pelle hydraulique pour travaux de terrassement.

Identifier les masses volumiques et le foisonnement

Pour estimer correctement une production de terrassement, il faut distinguer le matériau en place du matériau foisonné. Lorsqu’un matériau est excavé, son volume augmente. C’est ce phénomène que l’on appelle le foisonnement.

Un coefficient de foisonnement de 1,20 signifie, par exemple, que 1 m³ de matériau en place devient 1,20 m³ après excavation. Cette notion est essentielle pour relier les volumes transportés, les volumes mis en œuvre et les volumes comptés dans le projet.

Le coefficient de foisonnement correspond au rapport entre le volume foisonné et le volume en place. L’indice de foisonnement correspond à l’inverse. Il permet de revenir d’un volume foisonné vers un volume en place. Ces repères sont utiles pour calculer une production cohérente et éviter les erreurs d’interprétation sur les quantités.

Savoir calculer le rendement d’un atelier de terrassement

Le calcul du rendement demande d’abord d’identifier les bons paramètres. Pour un atelier de terrassement, on retrouve notamment le temps de cycle de la pelle, la capacité du godet, le coefficient de remplissage, l’efficience, le cycle du tombereau, le temps de chargement et les données de foisonnement.

Le temps de cycle de la pelle correspond au temps nécessaire pour charger un godet dans la benne puis revenir en position de départ. La capacité du godet s’exprime en litres ou en m³ foisonnés. Le coefficient de remplissage traduit le taux réel de remplissage selon le matériau rencontré. Enfin, l’efficience représente le temps réellement productif sur une heure ou sur une journée.

Le cycle du tombereau reste lui aussi important. Il permet de vérifier si le transport suit la cadence de chargement. En effet, une pelle peut avoir un bon rendement théorique, mais perdre du temps si les engins de transport ne sont pas dimensionnés correctement.

Pour estimer le rendement horaire en m³ par heure en place, on peut utiliser la formule suivante :

Rendement horaire = capacité du godet × coefficient de remplissage × indice de foisonnement × (efficience × 60 / temps de cycle de la pelle)

Cette formule donne un ordre de grandeur utile pour préparer le chantier. Ensuite, il faut confronter ce résultat au terrain, aux temps de transport, à l’état des pistes et aux contraintes réelles de l’opération. C’est cette lecture d’ensemble qui permet d’estimer la production journalière d’un échelon de terrassement avec plus de justesse.


Pour aller plus loin

Pour mieux comprendre la logique d’un échelon de production, vous pouvez consulter sur tpdemain la ressource Le cycle des engins de transport de matériaux. Elle permet de relier le chargement, le transport et la mise en œuvre dans une même organisation de chantier. En complément, Foisonnement et coefficient de foisonnement aide à clarifier les notions de volume en place, de volume foisonné et de coefficient de foisonnement.

Pour approfondir le lien entre matériau, outil et rendement, la ressource Choisir le bon outil pour optimiser la production mécanique et minimiser les émissions de GES montre l’intérêt d’un équipement bien adapté au terrain. Vous pouvez aussi consulter Godet, qui rappelle le rôle de cet accessoire dans le chargement et l’importance de son bon état pour la production.

Enfin, la ressource Identifier les différents types de sols et leur impact sur les émissions de GES apporte des repères utiles sur le lien entre nature du sol, puissance nécessaire et choix des outils. Elle complète utilement la préparation d’un calcul de production en terrassement.

Ont contribué à l’article :
Frédéric BUTTET
AG
JT
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