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Les différents types de chaussées et les maîtres d’ouvrages respectifs

Résumé
  • En 2024, le réseau routier français représente environ 1,31 million de kilomètres. Le réseau principal comprend 20 328 km de voies : 11 752 km d’autoroutes et 8 576 km d’autres routes nationales.
  • La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales a organisé le transfert d’environ 18 000 km de routes nationales aux départements. Ces transferts ont principalement été mis en œuvre à partir de 2006.
  • Les routes à grande circulation ne sont pas uniquement des routes nationales. Quelle que soit leur appartenance domaniale, elles assurent la continuité des principaux itinéraires, facilitent notamment le délestage du trafic et la circulation des transports exceptionnels, et participent à la desserte économique du territoire.
  • Une nouvelle étape de décentralisation est intervenue en 2025, avec le transfert de 920 km de voies à des départements et métropoles et la mise à disposition expérimentale de 1 277 km du réseau routier national aux régions Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est.

Le réseau routier français comprend plusieurs catégories de voies, qui se distinguent notamment par leur statut, leur fonction et leur gestionnaire. Autoroutes, routes nationales, départementales et communales composent le réseau routier public. À ces voies s’ajoutent des voiries privées, qui relèvent d’un régime différent.

Quelle est l’étendue du réseau routier français ?

En 2024, le réseau routier français compte 1 310 184 km de routes. Ce linéaire comprend les autoroutes, les routes nationales, les routes départementales et les routes communales.

Type de route Linéaire en 2024
Autoroutes concédées 9 211 km
Autoroutes non concédées 2 541 km
Autres routes nationales 8 576 km
Routes départementales 386 885 km
Routes communales 902 972 km

Les voiries privées ne sont pas intégrées à ce décompte du réseau routier public. Elles n’appartiennent pas au domaine public routier et relèvent de règles de propriété et de gestion spécifiques.

À titre de repère, le réseau routier de France métropolitaine est passé de 969 389 km en 1997 à 1 091 075 km en 2017, soit une progression de 12,6 % en vingt ans.

La répartition du réseau a également évolué avec la décentralisation. La loi du 13 août 2004 a conduit au transfert d’environ 18 000 km de routes nationales aux départements, principalement à partir de 2006. Une nouvelle étape est intervenue en 2025 dans le cadre de la loi 3DS, avec le transfert de certaines voies à des départements et métropoles et la mise à disposition expérimentale d’une partie du réseau routier national à deux régions.

Comment reconnaître les différents types de routes ?

Les autoroutes

Les autoroutes sont des routes sans croisement, accessibles uniquement en des points aménagés à cet effet et réservées aux véhicules à propulsion mécanique. Elles sont généralement constituées de chaussées séparées comportant plusieurs voies de circulation.

Le péage n’est pas un critère permettant de définir une autoroute. En effet, une partie du réseau autoroutier est concédée et soumise à péage, tandis que certaines autoroutes sont non concédées et gratuites.

Les routes nationales

Les routes nationales appartiennent au domaine public routier de l’État. Avec les autoroutes, elles constituent le réseau routier national et assurent notamment des liaisons d’intérêt national ou européen.

Elles sont généralement identifiées par la lettre N suivie d’un numéro. Les bornes et repères associés aux routes nationales utilisent traditionnellement la couleur rouge. Contrairement à une idée reçue, une route nationale n’est pas nécessairement une route secondaire : certaines constituent des axes majeurs et peuvent présenter des caractéristiques proches de celles d’une voie rapide.

Les routes départementales

Les routes départementales appartiennent au domaine public routier des départements. Elles assurent une grande partie du maillage routier local et relient notamment les communes, les pôles d’activité et les différents axes du réseau routier.

Elles sont généralement identifiées par la lettre D suivie d’un numéro. Leurs bornes et repères utilisent traditionnellement la couleur jaune. La numérotation étant organisée à l’échelle départementale, un même numéro de route départementale peut exister dans plusieurs départements.

Les routes communales

Les voies communales appartiennent au domaine public routier des communes. Elles constituent une grande partie du réseau de proximité et permettent notamment la desserte des quartiers, des habitations, des équipements et des activités locales.

Contrairement aux routes nationales et départementales, elles ne disposent pas d’un système national uniforme d’identification par une lettre et un numéro. Elles peuvent notamment prendre le nom d’une rue, d’une avenue, d’une route ou d’un chemin.

Les voiries privées

Les voiries privées sont des voies qui n’appartiennent pas au domaine public routier. Elles peuvent notamment se trouver à l’intérieur d’une propriété, d’un ensemble immobilier, d’un lotissement ou d’une zone d’activité privée. Certains chemins et sentiers d’exploitation relèvent également d’un régime de propriété spécifique.

Une voie privée peut être fermée ou ouverte à la circulation publique selon sa situation et son statut. Son entretien relève en principe de son ou de ses propriétaires, selon les règles applicables à la voie concernée.

Les chemins de halage ne doivent pas être classés systématiquement parmi les voiries privées. Lorsqu’ils constituent une dépendance du domaine public fluvial, ils relèvent du domaine public.

Qu’est-ce qu’une route à grande circulation ?

Le classement en route à grande circulation ne correspond pas à une catégorie de propriété de la route. Une route nationale, départementale ou communale peut être classée comme route à grande circulation.

Ces voies assurent la continuité des principaux itinéraires. Elles contribuent notamment au délestage du trafic, à la circulation des transports exceptionnels, des convois et des transports militaires ainsi qu’à la desserte économique du territoire. Ce rôle justifie des règles particulières en matière de circulation et d’aménagement.

Quel gestionnaire pour quel type de route ?

Le propriétaire et le gestionnaire d’une route dépendent de son statut. Pour les travaux de construction, d’aménagement ou de rénovation, la maîtrise d’ouvrage est assurée par la personne publique compétente ou, dans le cadre d’une concession, selon les responsabilités prévues au contrat.

Type de route Propriétaire ou autorité compétente Gestion
Autoroute concédée État Société concessionnaire dans le cadre d’un contrat conclu avec l’État
Autoroute non concédée État Services routiers de l’État, notamment les directions interdépartementales des routes
Route nationale État Services routiers de l’État pour le réseau national non concédé
Route départementale Département Conseil départemental et services techniques du département
Voie communale Commune Commune ou, selon l’organisation locale et les compétences transférées, structure intercommunale compétente
Voie privée Propriétaire privé ou ensemble de propriétaires Propriétaire ou organisme chargé de sa gestion selon son statut

Quelques repères dans l’histoire du réseau routier

L’organisation actuelle du réseau routier résulte de plusieurs siècles d’évolution. Quelques dates permettent d’en comprendre la construction :

  • En 1811, un décret impérial organise la classification des routes et met en place une numérotation systématique des routes impériales, avec des numéros allant jusqu’à 229 dans le territoire de l’Empire de l’époque.
  • En 1813, une circulaire prescrit la mise en place de bornes aux limites des départements afin d’identifier notamment la route et les territoires traversés.
  • En 1930, environ 40 000 km de routes départementales et locales sont intégrés au réseau routier national, dont le linéaire est alors fortement augmenté.
  • En 1950, une première organisation internationale des grands itinéraires routiers européens est établie. Le réseau européen identifié par la lettre E sera ensuite réorganisé dans le cadre de l’accord européen sur les grandes routes de trafic international adopté en 1975.

Pour aller plus loin

Pour approfondir l’organisation du réseau géré par l’État, consultez la ressource tpdemain consacrée aux routes nationales. Vous pouvez également découvrir le rôle des directions interdépartementales des routes, chargées de l’exploitation et de l’entretien d’une grande partie du réseau routier national non concédé.

La ressource consacrée aux routes départementales permet de compléter ces repères et de mieux comprendre les responsabilités des départements en matière de voirie.

Pour consulter les données nationales de référence, le Service des données et études statistiques publie les longueurs actualisées des différents réseaux de transport. Le ministère chargé des Transports présente également la répartition des acteurs de la route en France.

©TP Demain 2020 (Photographie 1 : Philippe Pichard/EGLEFOR ; photographie 2 : Romain.D.C/Wikimedia Commons ;
photographie 3 : Lionel Allorge/Wikimedia Commons ; photographie 4 : donterase/Pixabay ; photographie 5 : Camster2/Wikimedia Commons)
Ont contribué à l’article :
KR
Frédéric BUTTET
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