- Il est essentiel de mettre en place une veille efficace et ciblée pour suivre les réglementations et les prévisions climatiques.
- En parallèle, l’utilisation d’outils opérationnels, tels que le plan de sobriété hydrique (PSH), permet de structurer la gestion de l’eau.
- Il est également crucial de maintenir une relation étroite avec les instances publiques et les parties prenantes afin d’obtenir des informations sur les restrictions d’eau.
- Enfin, il est important de planifier de manière flexible en intégrant des marges de sécurité et en formant les équipes à la gestion responsable de l’eau.
Pour bien anticiper les restrictions d’eau dans les entreprises de travaux publics, plusieurs socles fondamentaux doivent être mis en place : une veille efficace et ciblée, un outil opérationnel, tel que le PSH, et un plan d’amélioration continue. Ces socles permettent de structurer l’approche de la gestion de l’eau, d’assurer la réactivité de l’entreprise en période de restrictions et de maximiser l’utilisation des ressources en eau de manière responsable.
En période de sécheresse, lorsqu’une pénurie d’eau est prévisible sur une zone géographique déterminée, des restrictions d’eau graduelles et temporaires sont déclenchées par les préfets pour préserver les usages prioritaires. Ainsi, des mesures de crise ont été mises en œuvre sur 30 % du territoire métropolitain en 2019, 55 % en 2022 et 34 % en 2023.
Préparation et planification
Les entreprises de travaux publics peuvent anticiper les restrictions d’eau en mettant en place une veille active et continue afin de suivre les réglementations et prévisions climatiques grâce à des outils, tels que :
- le site de l’État vigieau.gouv.fr pour s’informer sur les restrictions d’eau en période de sécheresse (alertes locales, prévisions de sécheresse, décisions politiques) ;

Source : capture d’écran vigieau-gouv.fr
- le site meteofrance.com ou autres applications payantes pour consulter les prévisions climatiques et les bulletins d’alertes ;
- le maintien d’une relation étroite avec les instances publiques (agences de l’eau, préfectures, etc.) et les parties prenantes (fournisseurs d’eau, autorités locales, etc.) pour obtenir des informations et des recommandations sur les restrictions à venir.
Une planification flexible des chantiers TP est essentielle à partir de l’identification des besoins en eau pour chaque phase du chantier et l’intégration de marges de sécurité en cas de restrictions. Pour ce faire, les équipes doivent être formées et sensibilisées à la gestion responsable de l’eau en vue d’adopter des pratiques efficaces et résilientes dans leur quotidien.
Pour aller plus loin :
- Fiche TP-Demain : Intégrer les économies d’eau dans la conception d’un projet de travaux
- Fiche TP-Demain : Les écogestes de l’eau sur chantier
- Fiche TP-Demain : Sensibiliser son entreprise à la gestion de l’eau sur chantier
- Fiche TP-Demain : Communiquer sur la gestion de l’eau sur chantier
Un outil stratégique et opérationnel
Le plan de sobriété hydrique (PSH) est un outil stratégique déployable à l’échelle du secteur des travaux publics mais aussi des entreprises TP. Son articulation en trois phases lui assure un caractère opérationnel direct. Il aide à faire un état des lieux des prélèvements d’eau réalisés sur un site, de comprendre l’utilisation de cette eau, de se situer par rapport à l’état de l’art sur les consommations d’eau et de lister les actions de réduction des consommations d’eau déjà réalisées ou planifiées, à la fois de façon structurelle et conjoncturelle.
Le diagnostic préalable précis de toutes les consommations d’eau identifiées et de tous les rejets associés permet à l’entreprise de se positionner rapidement face aux meilleures techniques disponibles et à l’état de l’art de la filière. Les actions de réduction des prélèvements et de diminution des rejets qui en découlent pourront ainsi être évaluées et planifiées au sein de l’organisation interne.
Le PSH se révèle efficace pour faire face aux restrictions d’usage en cas d’arrêté sécheresse à venir. Son élaboration s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue et d’adaptation à la situation conjoncturelle. En conséquence, le PSH doit être mis à jour régulièrement à chaque étape de la démarche. Il concerne autant la définition des actions à mettre en œuvre hors période de restrictions que lors des périodes de crise sécheresse ayant conduit à la prise d’un arrêté préfectoral de restrictions d’usage, en application des articles R. 211-66 à R. 211-70 du Code de l’environnement.
Un PSH se décline en 3 volets :

Concrètement, le PSH de la filière construction énonce plusieurs leviers opérationnels transposables à la filière TP, à savoir :
- l’installation de compteurs avec transmissions à distance pour des relevés plus fréquents et une meilleure compréhension des utilisations d’eau selon les usages ;
- l’identification et l’élimination des fuites dans les circuits ;
- l’optimisation des formulations produits et des procédés ;
- le développement et l’optimisation des systèmes de recyclage en circuit fermé.
Des leviers financiers peuvent être apportés aux entreprises pour mettre en place cet outil, en vue de moderniser leurs équipements et d’investir dans des outils de suivi des consommations, à l’instar des CCI (chambres de commerce et d’industrie) et des CMA (chambres des métiers et de l’artisanat) des régions PACA et AURA, qui accompagnent les industriels des régions concernées.
Pour aller plus loin :
- Fiche TP-Demain : Le réusage de l’eau sans traitement sur chantier
- Fiche TP-Demain : Identifier et faire appliquer des solutions d’économie d’eau sur chantier de TP
Suivi, communication, gestion des risques
Un suivi rigoureux de la consommation d’eau via des systèmes de monitoring facilite l’ajustement en temps réel des stratégies mises en place. L’analyse des résultats aide à identifier les domaines où des corrections peuvent être apportées et à adapter les pratiques, si nécessaire, conduisant ainsi à une amélioration continue du dispositif.
La communication avec les parties prenantes (fournisseurs d’eau, autorités locales) s’avère primordiale pour anticiper les restrictions et augmenter l’efficacité des processus.
L’établissement d’un plan de continuité d’activité permet aux entreprises de faire face aux éventuelles pénuries et de garantir la continuité des travaux tout en respectant les quotas d’eau imposés. En cas de fortes restrictions, le plan prévoit le recours à des fournisseurs alternatifs d’eau, l’ajustement des volumes et horaires de travail, etc. Il évalue les risques de non-conformité avec la réglementation et définit des mesures pour les minimiser (respect des quotas, gestion stricte des volumes d’eau).
Enfin, l’intégration des retours d’expérience des chantiers est indispensable pour renforcer les bonnes pratiques et améliorer les stratégies d’anticipation et d’adaptation. À titre d’exemple, les Canalisateurs et la Fédération des travaux publics exposent, chaque année, toutes les actions mises en œuvre aux maîtres d’ouvrage, et les mettent en valeur, lors de la Matinée de l’eau et des Rencontres de l’eau et de l’assainissement.
Conclusion
L’anticipation et l’adaptation aux restrictions d’eau nécessitent une approche systémique et proactive, fondée sur plusieurs socles : veille, planification flexible, formation, adoption de technologies, solutions alternatives, collaboration et suivi. En structurant leur gestion de l’eau autour de ces socles, les entreprises de travaux publics peuvent non seulement se préparer efficacement aux périodes de restrictions, mais aussi réduire leur empreinte environnementale tout en optimisant leurs processus de construction.
Sources :
- Ministère de la Transition écologique et solidaire
- Agence de l’eau
- Restrictions d’eau lors des périodes de sécheresse en France métropolitaine en 2023 | Données et études statistiques
- Études sur la gestion durable de l’eau dans les travaux publics PSH filière construction
- Le Plan de Sobriété Hydrique (PSH) | DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur
- Accueil – VigiEau
- PREVISIONS METEO FRANCE – Site Officiel de Météo-France – Prévisions gratuites à 15 jours sur la France et sur le monde
- Note Nouveau Cap, Préserver l’eau en Région Sud, 11 propositions pour faire face au défi d’une gestion partagée et durable de la ressource, 2025
Image(s) :