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La transformation écologique des entreprises de travaux publics s’appuie sur une meilleure prise en compte des enjeux liés à l’eau : réduire les consommations d’eau potable, limiter les impacts sur les milieux naturels, améliorer la gestion des rejets et intégrer la gestion des eaux pluviales dans l’organisation des chantiers.
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La sensibilisation et la formation des équipes constituent des leviers essentiels pour accompagner cette évolution des pratiques. Les approches éducative, réglementaire et incitative sont complémentaires pour faire émerger une culture commune de l’eau au sein des entreprises de TP.

Développer une culture commune de l’eau au sein des entreprises de travaux publics constitue un levier majeur pour accompagner la transition écologique du secteur. Sensibiliser, former et partager les bonnes pratiques permet à chaque acteur du chantier, du bureau d’études aux équipes de terrain, de mieux comprendre les enjeux liés à l’eau et de contribuer à une gestion plus sobre et plus respectueuse des milieux naturels. Cette dynamique collective favorise l’amélioration continue des pratiques et renforce la capacité des entreprises à relever les défis environnementaux d’aujourd’hui et de demain.
L’approche éducative pour créer une culture commune
Les formations des professionnels des TP, axées sur l’ingénierie de la construction, intègrent peu les thématiques environnementales, qu’il s’agisse de protection de la biodiversité ou de gestion des ressources naturelles. Les professionnels disposent encore de marges de progression pour mieux appréhender ces enjeux et identifier les leviers d’action les plus pertinents dans la conduite opérationnelle des chantiers.

Les besoins en eau des chantiers TP
L’enjeu est d’accompagner les dirigeants, ingénieurs d’études, conducteurs de travaux, responsables QSE, chefs de chantier et opérateurs dans l’appropriation de ces sujets afin de transformer ces nouveaux enjeux en opportunités d’amélioration et d’innovation.
Il s’agit de participer au sein de la filière du TP à l’émergence d’une culture environnementale acceptée et partagée par l’ensemble de la profession concernant :
- la réduction des consommations en eau potable,
- le recours à des ressources de substitution,
- la limitation des impacts sur les milieux naturels,
- l’amélioration de la gestion des rejets,
- l’intégration de la gestion des eaux pluviales dans l’organisation des chantiers.
Les outils pour acquérir connaissances et vocabulaire de base
Les professionnels des TP ont-ils conscience des impacts de leurs chantiers sur les milieux aquatiques et les ressources en eau ? Disposent-ils des outils et des notions pour les estimer ? Sont-ils en mesure d’identifier les techniques et bonnes pratiques à mettre en œuvre ? Sont-ils ouverts au changement ? Y voient-ils du sens ?
Pourtant ces impacts sont multiples et variés :

L’impact des chantiers sur le milieu naturel
L’approche éducative vise notamment à :
- appréhender le fonctionnement du grand et du petit cycle de l’eau,
- disposer de notions fondamentales sur le fonctionnement des hydrosystèmes et des milieux aquatiques,
- identifier les impacts de la profession sur les ressource et les milieux naturels,
- acquérir notions et vocabulaire : empreinte eau, bon état écologique des eaux, impact environnemental eaux non conventionnelles…
- favoriser l’adhésion au changement de pratique et que les choses « fassent sens »,
- s’approprier les bonnes pratiques et les valoriser.
Les outils à disposition des entreprises sont multiples :
- Ressources pédagogiques disponibles en ligne sur le site tpdemain.com : fiches, techniques, infographies, vidéos, glossaire
- Formation en présentiel sur la gestion résiliente de l’eau
- Visites de terrain et échanges entre pairs en partageant des retours d’expériences.

Démonstration de l‘utilisation d’un kit anti-pollution lors d’une session de formation TP demain
Comprendre le contexte réglementaire et s’adapter à son évolution
La directive Cadre sur l’eau (DCE) définit les objectifs à atteindre concernant l’état des eaux superficielles et souterraines à l’horizon 2027. En complément, les SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des eaux), les SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des eaux) et les schémas directeurs (eau potable, assainissement, eaux pluviales) définissent les programmes d’actions à mettre en œuvre au niveau des bassins versant par les collectivités gestionnaires du grand et du petit cycle de l’eau.
Sensibiliser les différents niveaux d’intervenants des TP au respect de la réglementation (risques, environnement, santé, déchets) est une étape importante pour mieux comprendre les enjeux et améliorer l’exécution des chantiers.
La connaissance du cadre réglementaire et des acteurs offre aux professionnels des TP l’opportunité d’inscrire leur action dans un cadre plus global et de valoriser les initiatives privées d’intérêt général.
L’approche incitative : valoriser les retours d’expériences et bonnes pratiques
En 2024, dans le cadre du Plan Eau, la filière Industries pour la Construction a élaboré un Plan de Sobriété Hydrique (PSH) déclinant une liste d’actions à mettre en œuvre face à la raréfaction de la ressource en eau. Ce PSH met en exergue les leviers de sensibilisation et de formation pour partager et généraliser les méthodes et technologies les plus efficaces au sein de la filière. Développer une culture de l’eau partagée par tous constitue aujourd’hui un levier important pour accompagner l’évolution des pratiques et renforcer la performance environnementale des entreprises de travaux publics.
Chaque amélioration de la gestion de l’eau sur les chantiers mérite d’être valorisée et partagée au sein de l’entreprise afin de mobiliser et impliquer toutes les parties prenantes – direction, ingénieurs d’études / prix, conducteurs de travaux, chefs de chantiers et opérateurs – et construire cette nouvelle culture d’entreprise.
Par exemple, un suivi des consommations en eau et de la gestion des rejets sur les chantiers permet à l’entreprise de disposer de données de références afin d’évaluer ses marges de progression dans une démarche d’amélioration continue. En valorisant les chantiers exemplaires et le pouvoir d’agir de chacun, l’ensemble du personnel peut s’impliquer et devenir acteur de cette démarche collective.

Exemple de fiche de suivi de la gestion de l’eau sur chantier : origine, consommation et rejets
Assurer le lien entre conception et exécution
Les retours de terrain révèlent que le niveau de sensibilisation aux enjeux environnementaux (eau, biodiversité) est d’autant plus fort que le niveau de qualification et de responsabilités au sein des entreprises est élevé.
Les mémoires techniques contiennent de nombreux éléments attestant d’une bonne prise en compte des enjeux liés à l’eau par les concepteurs et les encadrants mais leur application opérationnelle sur les chantiers peut encore s’améliorer. Une coordination optimisée entre les pôles études et travaux offre l’opportunité de mettre en cohérence ce qui est “vendu sur le papier” et ce qui est « exécuté ».
Les concepteurs doivent être attentifs aux contraintes d’exécution et aux retours des exécutants : besoins en équipements, dispositifs de suivis, retours d’expérience des opérateurs, etc. Cette démarche permet à l’entreprise d’ajuster son niveau d’ambition et de disposer de données sur les bénéfices et les contraintes apportés par exemple par la mise en place de l’approche multi barrière ou de prétraitements adaptés pour la gestion des effluents.
Des réunions de suivi et de coordination offrent l’opportunité de mettre en cohérence l’exécution et la conception et de mobiliser l’ensemble des parties prenantes, en les invitant à échanger sur l’organisation et l’exécution du chantier.
Pour conclure
La sensibilisation et la formation du personnel sont essentielles pour garantir une gestion appropriée des eaux sur les chantiers et minimiser les impacts environnementaux.
Concrètement, il s’agit d’intégrer l’organisation régulière de séances d’information et d’échange sur les risques environnementaux et les bonnes pratiques à adopter. Tpdemain.com met à disposition de l’ensemble des professionnels des TP de nombreuses ressources (fiches techniques, vidéos, infographies) pour accompagner les entreprises.
En complément, les encadrants, chefs de chantier et opérateurs peuvent être formés à une compréhension globale et synthétique des sujets liés à l’eau afin qu’ils adoptent les bonnes pratiques sur les chantiers.
Image(s) : EGLEFOR, Photo : Démonstration de l‘utilisation d’un kit anti-pollution lors d’une session de formation TP demain par Géraud Bournet – TIP conseil, Exemple de fiche de suivi de la gestion de l’eau sur chantier : origine, consommation et rejets – Source : Fondation FEREC, 2023 (p105)
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